Les rats sont de sortie à Neuchâtel

La présence du rat s’est renforcée à Neuchâtel ces derniers mois. Les températures douces et ...
Les rats sont de sortie à Neuchâtel

La présence du rat s’est renforcée à Neuchâtel ces derniers mois. Les températures douces et les déchets alimentaires laissés sur la voie publique ont favorisé cette augmentation. De leur côté, les autorités ont mis en place des traitements pour diminuer le nombre de ces rongeurs en ville

 Un rat aperçu sur le Quai Osterwald à Neuchâtel au mois de juillet.

Un rat s’abreuve au milieu des passants sur le Quai Osterwald, un congénère fait irruption dans une poubelle à la gare ou un autre vient troubler la quiétude de trois adolescents durant l’apéritif aux Jeunes-Rives : les rats bruns ou Rattus Norvegicus semblent plus que jamais de sortie ces derniers mois à Neuchâtel, si l’on en croit les signalements que nous avons recueillis.

Cette augmentation est également constatée par les autorités communales. Elle s’explique selon Thierry Bugnon, spécialiste de la dératisation à la Sécurité urbaine de la Ville de Neuchâtel: plutôt qu’une prolifération il s’agirait d’un repeuplement. La montée des eaux en 2015 a piégé un certain nombre d’animaux dans leur terrier. Conséquence : les mesures de régulation ont été allégées l’année suivante. Ce qui a sans doute favorisé la recrudescence de l’espèce en 2017. Autre facteur décisif, la présence de denrées alimentaires sur la voie publique. Il s’agit de déchets issus d’établissements publics et de manifestations proches des rives.

 

Traitements en cours aux points névralgiques

Des appâts ont été installés à l’Esplanade du Mont-Blanc, aux Jeunes-rives ouest et à la Gare. Les traitements les plus récents ont été placés au centre-ville après la Fête des Vendanges, pour faire suite à plusieurs signalements. Un dispositif suffisant aux yeux des autorités, pour qui il n’est pas nécessaire de prévoir une intervention de plus grande envergure.

Les entreprises spécialisées dans la dératisation sont aussi mises à contribution, comme en témoigne Fenrenc Baumann, dératiseur dans le canton de Neuchâtel à l’enseigne de SOS  nuisibles : « je reçois beaucoup plus d’appels qu’auparavant, notamment pour des caves, des remises ou des campings-cars envahis de rats ». Cette situation s’explique selon Ferenc Baumann par un problème de salubrité dans tout le canton de Neuchâtel : « les gens ne comprennent pas qu’il faut jeter les déchets dans les poubelles, dans des sacs de poubelle et pas dans les toilettes ! Sinon ça va directement dans les égouts pour le plus grand bonheur de la femelle rat qui va pouvoir mettre au monde entre huit et douze petits tous les deux mois, dont des femelles... ». Le dératiseur est formel : « le phénomène s’est accentué depuis l’introduction de la taxe au sac ».

L’anticoagulant : meilleur moyen de lutte

Le seul moyen efficace à ce jour pour limiter la population de rats, c'est de leur administrer des anticoagulants via des boîtes d’appâts sécurisées, pour ne pas risquer d’empoisonner d’autres animaux. Selon Ferenc Baumann, la technique fonctionne d’autant mieux qu’elle est à retardement : « la mort n’intervient que trois à quatre jours après l’ingestion du poison. Et comme le rat est une bête sociable, ses congénères ne se doutent de rien et prennent part eux aussi au fatal festin ».

 

Estimation difficile du nombre de rats

Du côté de la Fondation Info Fauna, basée à Neuchâtel, et chargée de cartographier la faune en Suisse, on assure que l’année 2017 est favorable aux rongeurs et donc aux rats. Les conditions météo estivales y sont pour beaucoup. Sauf qu’il est difficile d’évaluer précisément le nombre de rats vivant dans la région. Selon Simon Capt, en charge des mammifères pour Info Fauna, on sait que la présence de l’espèce du rat brun ou surmulot est très liée à la présence humaine : « le rat se répand dans les zones urbaines, proches des cours d’eau, souvent reliées au système d’égout des villes. Il y trouve refuge et de quoi se nourrir, surtout dans les tubes de canalisation avec un large diamètre. ». C'est même le cas à La Chaux-de-Fonds malgré l'altitude. Une présence étudiée à l’aide notamment de pièges photographiques ou de relevés d’empreintes.

Mais les moyens manquent pour établir précisément le nombre de spécimens dans le canton ou ailleurs. Un tel recensement ne fait pas partie des priorités. Il règne une forme d’omerta dès qu’on parle du rat, considéré comme un nuisible. Simon Capt relève que l’information circule difficilement du côté des pouvoirs publics ou des privés qui n’ont pas envie de crier sous les toits qu’ils sont infestés par le rongeur. En cas de forte densité, on estime qu’il y a plus d’un rat par habitant. Malgré tout en Suisse la population du surmulot est jugée stable car dès que le nombre de rats augmente, les pouvoirs publics ou les entreprises spécialisées sont très vite à l’œuvre pour limiter la prolifération du surmulot. /gwe


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