Le questionnement perpétuel de Friedrich Dürrenmatt sur la foi

Le rapport de Friedrich Dürrenmatt à la foi est au coeur de la nouvelle exposition du Centre ...
Le questionnement perpétuel de Friedrich Dürrenmatt sur la foi

Le rapport de Friedrich Dürrenmatt à la foi est au coeur de la nouvelle exposition du Centre Dürrenmatt à Neuchâtel. Intitulée Les Fous de Dieu, celle-ci s'articule principalement autour de deux textes de l'écrivain

La première pièce de Friedrich Dürrenmatt, Il est écrit, a suscité éloges et critiques acerbes lors de sa mise en scène en 1947 à Zurich. La première pièce de Friedrich Dürrenmatt, Il est écrit, a suscité éloges et critiques acerbes lors de sa mise en scène en 1947 à Zurich. L'exposition reproduit les termes parus dans la presse de l'époque.

« J’ai toujours douté de l’existence de Dieu ». Le rapport de Friedrich Dürrenmatt à la foi et à la religion est au cœur de la nouvelle exposition du Centre Dürrenmatt à Neuchâtel, intitulée Les Fous de Dieu, dont le vernissage est prévu samedi à 17 heures. Cette citation de l’écrivain, fils de pasteur, illustre bien les réflexions que celui-ci a eues tout au long de son existence.  

La religion, et plus particulièrement la religion protestante, aura marqué l’œuvre de Friedrich Dürrenmatt dès le début. Sa première pièce de théâtre, Il est écrit, a fait scandale en 1947 lorsqu’elle a été jouée pour la première fois au Schauspielhaus de Zurich. Le texte évoque la Révolte de Münster en référence à l’épisode au cours duquel les anabaptistes ont tenté d’établir le royaume de Dieu sur terre dans cette ville allemande entre 1534 et 1535. Cette dictature, qui se terminera en carnage, instaure la communauté de biens et la polygamie.

 

Une pièce saluée par Max Frisch

Si le ton de la pièce scandalise le public en mélangeant sacré et profane, la critique est toutefois partagée entre éloges et critiques acerbes et lance finalement la carrière de dramaturge de Friedrich Dürrenmatt. L’écrivain Max Frisch, par exemple, adresse une lettre élogieuse à Friedrich Dürrenmatt. C’est sur cet épisode que s’ouvre l’exposition qui montre également les dessins réalisés par l’écrivain en lien avec cette première pièce. Friedrich Dürrenmatt interdira toutefois sa mise en scène par la suite et reprendra le texte vingt ans plus tard, sous le titre Les Anabaptistes, où la religion est mise en arrière-plan pour donner plus de place à une réflexion sur l’idéologie politique, explique Duc-Hanh Luong, commissaire de l’exposition. C’est autour de ce texte que s’articule la deuxième partie de l’exposition, qui met également en lumière les doutes accrus de Friedrich Dürrenmatt en matière de foi. L’écrivain réfléchit aux questions d’athéisme. Il réalise des caricatures du pape car, à ses yeux, il est scandaleux que quelqu’un se prétende le représentant de Dieu sur terre. Le lien sera rapidement fait avec le règne théocratique mis en place à Münster.

Le public aura aussi l’occasion de découvrir la communauté anabaptiste, en dehors de son pendant violent de Münster, qui compte plus de 2'000 représentants en Suisse et plus particulièrement dans l’Arc jurassien. On y apprend par exemple que le réformateur de Neuchâtel, Guillaume Farel, a sollicité l’aide de Jean Calvin pour freiner les idées anabaptistes. Ceux qui prêchaient cette foi en terres neuchâteloises risquaient la peine de mort.

 

Balade sur les traces des anabaptistes et lecture-spectacle

Plusieurs événements sont par ailleurs organisés autour de l’exposition. Une excursion qui part sur les traces des anabaptistes est organisée le 8 octobre. Une lecture spectacle de la pièce Il est écrit par Anne Bisang, directrice artistique du Théâtre populaire romand, est aussi prévue le 19 novembre à l’Heure bleue, à La Chaux-de-Fonds.

L’exposition Les Fous de Dieu est quant à elle à voir dès dimanche et jusqu’au 14 janvier prochain. Elle s'inscrit dans le cadre des célébrations des 500 ans de la Réforme. /sbe


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus