« Dès que je sors, je tue ma belle-famille »

Il voulait rester en prison avant de changer d’avis. Il écope finalement de 3 ans et demi de ...
« Dès que je sors, je tue ma belle-famille »

Suite et fin du procès de l'homme qui souhaitait rester en prison. Ce dernier écope de 3 ans et demi de peine ferme pour avoir tenté de tuer son amie

Il voulait rester en prison avant de changer d’avis. Il écope finalement de 3 ans et demi de peine ferme.

Le deuxième acte du procès houleux d'un homme accusé d'avoir tenté de tuer son amie a connu son épilogue jeudi devant le Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers, à Boudry. Il a été reconnu notamment coupable de tentative de meurtre, lésions corporelles simples, violation de domicile et de violation grave qualifié des règles de circulation. Les juges ont aussi ordonné le traitement en institution alors que ce dernier a déjà effectué 207 jours de détention provisoire.

Le procès avait été renvoyé en février à la suite du comportement instable du prévenu durant l'audience qui annonçait vouloir rester en prison toute sa vie. La juge avait demandé un complément d'expertise psychiatrique.

 

Les faits

En juillet 2016, le prévenu a décidé de quitter son amie. Il l'accusait de l'avoir arnaqué et d'avoir envoyé leurs économies à sa famille en Espagne. Alors qu'il allait rechercher les clés de l'appartement commun chez des amis de Cressier où était logée la plaignante, pris d'un accès de rage, il lui a asséné plusieurs coups au visage avec une boule en céramique. Ce faisant il lui a brisé le nez. Il a en outre tenté de l'étrangler avant d'arrêter son geste alors que des amis étaient intervenus. Lors de la même nuit, il a aussi roulé en état d’ivresse et réalisé de gros excès de vitesse entre Bienne et Neuchâtel.

 

Plus calme… ou presque

Jeudi, c'est un homme moins instable qui a comparu devant les juges. Alors que la première audience avait atteint des sommets de surréalisme avec le prévenu menaçant l'une des plaignantes de la démembrer une fois qu'il serait sorti de prison, cette fois, il est resté calme. Malgré quelques interventions verbales hors contexte, l'homme n'a pas fait preuve de trop de débordements ou peu par rapport au premier procès. Une attitude peut-être motivée par le fait que les deux plaignantes n'étaient pas présentes durant l'audience.

Contrairement aux événements de février où il assénait qu'il souhaitait rester en prison « nourri, logé », son discours a changé. Le prévenu a avoué qu'il ne voulait pas y rester toute sa vie, mais qu'il avait peur de sortir, car il se sentait instable. Pour corroborer ses dires, il a assuré au juge qu'il tuerait sa belle-famille en premier, s’il sortait de derrière les barreaux.

 

Troubles de la personnalité

Selon le psychiatre qui a réalisé l'expertise, le prévenu souffre de troubles de la personnalité et est labile, soit extrêmement fragile et instable. Le médecin avance aussi que malgré les menaces que l’accusé profère, il faut savoir séparer le discours, très impulsif, des actes, qui eux le sont moins. Toutefois, selon le praticien, il reste dangereux et imprévisible. En conclusion, le traitement dont il a besoin pourrait durer plusieurs années avec un suivi hebdomadaire en milieu carcéral, mais sans forcément être sous médication.

 

5 ans ferme requis

Lors des plaidoiries, le Ministère public a requis 5 ans de prison ferme assortis de mesures thérapeutique pour tentative de meurtre. Selon la procureure, le prévenu a commis des actes lourds et graves. Il s'en est pris à un être humain et il n’a montré aucun signe de remise en question en plus de son comportement maladif. Selon le Ministère public, il n'y a pas de circonstances atténuantes à ces actes.

De son côté, la défense s’est montrée extrêmement perplexe quant à l’attitude du prévenu. « En 20 ans de carrière, je n’avais jamais vu ça » a assuré l’avocat. Difficile de trouver des circonstances atténuantes aux actes commis par l’accusé, qui par ses menaces, n’a pas donné l’image de quelqu’un de stable. Par contre, la défense a avancé que durant les quelques mois qui ont séparé les deux audiences, il y avait déjà eu des progrès effectués par son client. Sur la base du rapport psychiatrique qui mettait en lumière la séparation à faire entre le discours et le comportement du prévenu, l'avocat a requis entre 18 et 24 mois de prison.

Finalement donc, le prévenu écope de 3 ans et demi de prison. Les juges ont retenu la tentative de meurtre sans diminution de responsabilité. Malgré tout, comme le prévenu a de lui-même arrêté son geste avant de commettre l’irréparable, sa peine en est quelque peu réduite.

Les parties ont 10 jours pour faire appel. /jha


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