La justice se penche sur le braquage de la bijouterie Bonnet

Près de deux ans d’investigations, un butin de 530'000 francs toujours dans la nature et des ...
La justice se penche sur le braquage de la bijouterie Bonnet

Trois hommes doivent répondre de brigandage aggravé pour le braquage de la bijouterie Bonnet à Neuchâtel. Le procureur requiert des peines allant de 4 ans et demi à 6 ans de prison

La bijouterie Bonnet a été cambriolée. La bijouterie Bonnet le jour où elle a été cambriolée, le 10 juillet 2015.

Près de deux ans d’investigations, un butin de 530'000 francs toujours dans la nature et des complices encore recherchés : la justice neuchâteloise était appelée mardi à se plonger dans l’affaire du braquage de la bijouterie Bonnet à Neuchâtel, survenu le 10 juillet 2015. Trois hommes ont comparu devant le Tribunal criminel, à Neuchâtel. Ils doivent principalement répondre de brigandage aggravé.

Ce 10 juillet, trois hommes ont pénétré dans le magasin. Ils ont menacé deux employées avec une arme et les ont neutralisées à l’aide d’un spray au poivre et de menottes, avant de s’enfuir avec le butin qui s’élève à 530'000 francs et qui n’a pour l’heure pas été retrouvé.

L’un des hommes qui a pénétré dans la bijouterie, mineur au moment des faits, a déjà été condamné à 12 mois de prison avec sursis partiel.

Les deux autres complices, avec lesquels il est entré dans le magasin, se trouvaient à leur tour sur le banc des accusés mardi. Tous deux ont fini par admettre leur implication dans le braquage au vu des preuves qui s’accumulaient contre eux. L’inconnue réside dans les peines qu’ils se verront infliger au final. Pour le Ministère public, représenté par Vanessa Guizzetti Piccirilli, ils doivent purger 4 ans et demi de prison ferme.

Leurs avocats plaident l’un pour une peine de 17 mois et l’autre pour une peine de 3 ans. À leurs yeux, il s’agit d’un épisode unique de braquage et non pas d’une bande qui aurait planifié plusieurs actes de ce type. Ils estiment également qu’on ne peut pas retenir le brigandage aggravé. Pour eux, il n’y a pas eu d’atteinte grave à l’intégrité des vendeuses et leurs clients n’auraient joué qu’un rôle d’exécutants dans cette affaire, ne se connaissant pas même entre eux avant de passer à l’acte.

 

Deux versions en totale contradiction

Le profil du troisième accusé donne davantage de fil à retordre à la justice. Pour le Ministère public, l’homme est un auteur du brigandage au même titre que les autres, même s’il n’était pas dans la bijouterie au moment du braquage. Le procureur arrive à la conclusion que c’est lui qui a fourni les menottes et l’arme fictive utilisées lors des faits, s’appuyant sur l’ADN retrouvé sur ces objets. L’homme est aussi accusé d’être lié à deux autres braquages menés début août 2015 à Aarau, en ayant réalisé des repérages et servi de chauffeur dans le deuxième cas. Le procureur réclame six ans de réclusion à son encontre.

Pour l’avocat du prévenu, Maître Frédéric Hainard, il s’agit de conclusions hâtives. Rien ne prouve à ses yeux que son client se trouvait à Neuchâtel au moment du brigandage de la bijouterie Bonnet. L’homme nie d’ailleurs toute implication dans cette affaire. Il affirme avoir été en Lituanie, son pays d’origine, quelques jours avant et après le braquage. Maître Frédéric Hainard a livré des photographies et une facture visant à corroborer cette thèse mardi ; des documents accueillis avec beaucoup de scepticisme par les juges et par le Ministère public. Pour l’avocat, l’implication de son client, aussi bien à Neuchâtel qu’à Aarau, ne repose que sur des suppositions qui ne sont pas étayées par des preuves. Il demande donc l’acquittement de son client.

Le verdict est attendu pour mercredi à 14 heures. Mardi, un important dispositif policier était déployé pour encadrer les trois accusés, dont un agent armé.

Quatre autres personnes accusées d’être impliquées dans ce braquage de la bijouterie Bonnet à Neuchâtel ont été identifiées. Le sort de deux d’entre elles est entre les mains de la justice lituanienne et les deux dernières sont toujours recherchées. /sbe


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