« La Cour a acquis l'intime conviction que le prévenu a tué sa femme ». Le Tribunal criminel des Montagnes et du Val-de-Ruz à La Chaux-de-Fonds a reconnu le mari de Latifa B. coupable d'assassinat. Il le condamne à une peine privative de liberté de 18 ans de prison, alors que le procureur réclamait 20 ans.
Pour les juges, les aveux du prévenu sont confirmés par des éléments objectifs que lui seul pouvait connaître. Ils estiment que les raisons pour lesquelles l'homme de 31 ans s'est plus tard rétracté et a clamé son innocence ne sont pas crédibles.
Un crime odieux
Le tribunal juge qu'il existe de nombreuses preuves de la culpabilité du mari : la présence des cheveux de la victime sur la lame du rasoir et la présence de l'ADN du prévenu sur le manche, la présence de cheveux coupés également dans le siphon de la baignoire, la vidéo surveillance qui a filmé la voiture du mari le fameux 6 janvier à proximité de l'endroit où le corps a été abandonné en France voisine, la position de son natel qui le situe également dans cette région le soir du drame, et la présence du sang de Latifa B. dans le coffre de sa voiture.
La Cour relève que les motifs de l'assassinat ne sont pas clairs, la situation a vraisemblablement dégénéré mais rien n'indique qu'il faille reprocher quoi que ce soit à la victime. Selon les juges, le prévenu n'a pas « piégé » sa femme mais il a agi de façon odieuse, avec un comportement totalement maîtrisé. Sa culpabilité est extrêmement lourde, il a tué d'une manière atroçe « une femme jeune qui avait la vie devant elle ». C'est pourquoi le tribunal retient l'assassinat.
Les avocats de l'accusé ont déjà annoncé leur intention de faire appel de ce jugement. /mvr









