Le permis à 17 ans fait grincer des dents

La Confédération veut octroyer le permis de conduire provisoire à 17 ans pour que les conducteurs acquièrent plus d’expérience avant l'examen. Les moniteurs d’auto-école dénoncent les aberrations du futur système

 Les détenteurs d'un permis de conduire pour voitures munies de boîtes automatiques pourront aussi conduire des manuelles.

Permis de conduire à 17 ans, autorisation de conduire une voiture manuelle avec un permis pour automatique, examen qui se focalise sur les compétence plutôt que les fautes, la Confédération a prévu de grands changements dans sa révision de la formation à la conduite.

Avec ces transformations, le Conseil fédéral souhaite améliorer la sécurité sur la route. Mais selon les moniteurs d’auto-école, cette révision va créer plus de problèmes qu’elle n’en résout.

 

Les moniteurs sont inquiets

Selon le président de l’Association des Montagnes neuchâteloises des écoles de conduite, Gilles Graf, le problème n’est pas forcément l’obtention du permis provisoire à 17 ans, mais plutôt le fait que l’élève conducteur n’a pas besoin d’encadrement spécial comme en France, par exemple. De plus, si la révision passe la rampe, le permis définitif ne pourra pas être obtenu dans l’année, mais le conducteur devra attendre 365 jours pour passer son examen.

Deuxième grand changement, les cours de perfectionnement (L2) seront abandonnés au profit de deux jours consacrés au freinage d’urgence (qui est légalement interdit de réaliser sur une route ouverte depuis 2016, même pour un moniteur) et à la conduite économe.

Selon Gilles Graf, cette nouvelle organisation va engendrer des surcoûts et surtout provoquer des tracas administratifs. Il ajoute aussi que depuis que les cours L2 sont entrés en vigueur, le nombre de morts sur les routes a drastiquement diminué dans la catégorie des 18-25 ans. 

 

Permis unifié entre automatique et manuel

Enfin, l’autorisation de rouler avec une transmission manuelle alors que le permis a été obtenu avec une transmission automatique est « incompréhensible ». Le président de l’Association des Montagnes neuchâteloises des écoles de conduite avance qu’il n’a pas besoin d’expliquer les problèmes que ce point risque d’engendrer. Il suffit : « d'avoir conduit au moins une fois » pour savoir que la conduite dite manuelle nécessite plus de technique, que cela soit au démarrage ou pour le passage des vitesses.

Les moniteurs d’auto-école demandent donc le statu quo à la Confédération. En attendant, la révision du Conseil fédéral est en consultation jusqu’au 26 octobre. /jha


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