La crise ne touche pas que la Géode

Il n’y a pas que la Géode qui va mal. D’autres foyers de l’association neuchâteloise l’enfant ...
La crise ne touche pas que la Géode

Plusieurs collaborateurs témoignent de violences verbales et de menaces de licenciement. (photo d'illustration). Plusieurs sources témoignent de violences verbales et de menaces de licenciement. (Photo d'illustration).

Il n’y a pas que la Géode qui va mal.

D’autres foyers de l’association neuchâteloise l’enfant c’est la vie subissent des dysfonctionnements similaires à ceux révélés mercredi dans la presse locale. Issus du même secteur que la Géode, ces structures d’accueil qui comprennent le foyer Corail, la maison de Belmont et le Groupe d’accueil urgence connaissent des problèmes à l’interne depuis le début de l’année 2015. Ils auraient poussé plusieurs membres du personnel en arrêt maladie.

Il est notamment fait état d’employés qui ne se sentent pas en sécurité, ni soutenus dans leur travail par la direction mise en place depuis deux ans. Pareil qu'à la Géode, certains éducateurs ont été agressés par des adolescents et auraient demandé soutien et supervision à la direction, une demande restée sans réponse. Certains pédagogues mettent aussi en cause les méthodes très dures voire violentes de la nouvelle directrice du secteur. Cette dernière les menacerait ouvertement de licenciement à chaque prise d’initiative personnelle considérée souvent comme une erreur.

Menaces de licenciements

Selon une source proche du dossier, évoquer une fragilité ou de la fatigue serait presque un motif de renvoi. Dans ces conditions, le personnel est dès lors mis constamment sous pression. En conséquence, cinq employés ont connu des arrêts maladies lors des deux dernières années comme dans l’établissement de la Géode. Se pose alors la question pour les éducateurs de savoir « comment transmettre un sentiment de sécurité aux enfants en difficulté alors que les employés ne sont pas en confiance ? ». Une situation vécue très durement par certains employés qui n’en parlent pas par peur des représailles.

Une des raisons de ce changement de climat réside dans la nouvelle forme de management plus directive que par le passé. Selon le directeur, ces changements ont été imposés par l’Office fédéral de la justice après un audit. Depuis la mise en place de ce nouveau système au début de l’année 2015, l’ambiance se serait considérablement dégradée à l’interne au point que plusieurs employés jettent l’éponge.

Perte de repères éducatifs

La politique éducative a aussi évolué sans que les éducateurs ne soient inclus dans ce processus de changement. Par exemple, alors qu’auparavant les enfants étaient pris en charge par groupe avec une certaine marge de manœuvre, ils sont dorénavant soumis à un règlement restrictif et une marche à suivre commune par volonté de la direction.

Selon certains employés, cette uniformisation des directives sans libertés données à l’éducateur irait à l’encontre du métier. Alors qu’anciennement, la place était surtout laissée à l’appréciation personnelle, ces derniers doivent maintenant agir selon le règlement sous peine d’être averti. Une façon de faire qui peut se révéler problématique si un enfant devient violent et que l’éducateur n’a pas le droit de le contenir. Certains enfants seraient aussi très conscients de cette nouvelle relation de pouvoir et n’hésiteraient pas à en abuser.

Autre son de cloche, selon un autre établissement cantonal pour les jeunes en difficulté, ce ne sont pas les directives édictées par la Confédération qui créent le conflit. D’autant plus qu’il n’y a aucune obligation de les suivre. Ces problèmes n’ont donc pas été rencontrés partout. Pour le cas de la Géode et des autres structures parallèles, il pourrait s’agir d’un problème de pression financière, de réorganisation et d’incompréhension entre le personnel et la direction. Il est clair qu’avec la crise budgétaire que connaît le Canton, il est demandé à ce genre d’institution de faire des économies qui peuvent générer des tensions.

La direction prête au dialogue

Selon les informations parues dans l’Express, la direction ne pense pas pratiquer un management trop directif. Elle aurait en outre expliqué les changements stratégiques aux éducateurs. Contacté par RTN, le directeur général Samuel Jeannet insiste sur le fait que la Géode était un cas isolé et que les événements relatés remontent à une année. Il affirme aussi qu’il n’y a pas de crise actuellement dans les autres foyers. Le directeur avance pourtant que depuis les révélations des licenciements, certains membres du personnel ont souhaité le rencontrer pour discuter de possibles dysfonctionnements à l’interne. Une démarche qu’il salue et qu’il déclare : « avoir toujours encouragé ».

Samuel Jeannet explique aussi qu’en tant que directeur général, il ne peut non plus pas avoir vent de tous les problèmes dans la Fondation. De plus, si des licenciements à la suite d’arrêts de travail n’ont eu lieu qu’à la Géode, il n’exclut pas que d’autres membres du personnel de « l’enfant c’est la vie » connaissent des arrêts de travail.

Un avenir morose

Par contre, outre ces problèmes, le directeur avance que l’avenir de la fondation n’est pas des plus roses. En effet, les Autorités cantonales exigent des économies dans le secteur des maisons d’accueil. Un chiffre qui pourrait se monter à plusieurs millions d’ici 3 ans. Cette situation économique pourrait alors péjorer la profession dans le canton.

En conclusion, la direction a décidé de communiquer sur l’affaire de la Géode la semaine prochaine dès que le résultat d’un audit interne sera tombé. /jha


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