Requérants perturbateurs aux Cernets

La Confédération compte ouvrir un centre spécifique pour demandeurs d’asile en 2018 aux Cernets ...
Requérants perturbateurs aux Cernets

 L'ancien centre sportif des Cernets doit être transformé en centre spécifique pour requérants d’asile.

C’est un centre spécifique pour requérants d’asile que la Confédération compte ouvrir en 2018 aux Cernets, sur les hauts du Val-de-Travers. La population l’a appris mardi soir lors de la séance d’information organisée conjointement par la Confédération, le Canton de Neuchâtel et la Commune des Verrières.

Comme nous l’annoncions le 20 octobre, les demandeurs d’asile seront placés dans l’ancien centre sportif où des migrants avaient déjà été hébergés jusqu’en 2005. Mais le profil des futurs pensionnaires suscite beaucoup d’inquiétudes au sein des habitants du village, en particulier ceux qui vivent à l’écart du centre et qui sont les plus proches des bâtiments que la Confédération a récemment rachetés à deux propriétaires privés.

 

Requérants récalcitrants

 

Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) prévoit d’y placer des personnes qui posent problème. Son site internet précise qu’il s’agit de « requérants d’asile qui menacent sérieusement la sécurité et l’ordre publics ou qui, par leur comportement, perturbent le bon fonctionnement des centres d’hébergement ordinaires ». Aux Verrières mardi, la vice-directrice du SEM a voulu rassurer l’assemblée en affirmant qu’il ne s’agissait ni de criminels, ni de délinquants, mais de personnes qui ont enfreint le règlement du centre dans lequel elles se trouvaient jusqu’alors (par exemple en ne respectant pas les horaires ou en refusant de participer aux tâches ménagères). Barbara Büschi a expliqué que ces hommes ne resteront aux Cernets que pour de courts séjours, au maximum 140 jours.

 

Fonctionnement du centre

 

Seuls deux centres de ce type sont prévus dans le pays, dans le cadre des procédures d’asile accélérées. Le deuxième sera implanté en Suisse alémanique. Le centre spécifique des Grands-Cernets n’accueillera que 20 demandeurs d’asile la première année et un maximum de 60 par la suite. Le personnel d’encadrement et de sécurité y sera renforcé. Une hotline sera à la disposition de la population 24h/24. Comme tous les centres fédéraux, il sera délimité par un périmètre fermé. Les entrées et sorties seront contrôlées. Les requérants ne pourront aller à l’extérieur que de 9h à 17h, moyennant une autorisation. Un programme d’occupation leur sera proposé, en collaboration avec la Commune des Verrières pour qui ils pourront, par exemple, réaliser des travaux d’entretien et de nettoyage de forêts ou de chemins pédestres.

 

Des avantages

 

Le président du Conseil d’État, Jean-Nat Karakash, a détaillé les avantages que le Canton allait tirer de l’implantation de ce centre spécifique. La compensation financière annuelle versée par la Confédération s’élève à 132'000 francs. L’existence d’un centre fédéral permet aussi de réduire le nombre de personnes à héberger dans les centres cantonaux. Neuchâtel compte déjà un centre fédéral, celui de Perreux, à Boudry, dont la capacité d’accueil a été élargie à 480 places. Le président du Conseil communal des Verrières, Jean-Bernard Wieland, a souligné les retombées économiques locales qui sont attendues. Des entreprises de la région pourront participer aux travaux prévus, des emplois seront créés pour assurer l’encadrement et la sécurité du centre et les repas seront préparés par une entreprise du secteur.

 

Beaucoup d’inquiétudes

 

Malgré tout, ces explications n’ont pas été de nature à tranquilliser l’ensemble des Verrisans qui assistaient à la séance. Ils étaient près de 70 à s’être déplacés. Les habitants des Cernets ont représenté la majorité de ceux qui ont pris la parole. Ils ont dénoncé « l’autoritarisme des élus qui ne les ont pas associés aux discussions ». Les inquiétudes liées à la sécurité sont nombreuses. Certains ont parlé de prison et comparé le futur centre à Guantanamo. Des craintes existent aussi quant à la baisse de la valeur des maisons proches. La première intervention positive – et l’une des rares – a tout de même déclenché les applaudissements d’une partie de la salle.

Pour conclure, les membres du SEM ont invité la population à intégrer le groupe d’encadrement qui doit être créé. Il s’agit d’une plateforme d’échange destinée à assurer une cohabitation harmonieuse. Les autorités communales, cantonales et fédérales seront représentées au sein d’un comité de suivi. /msa


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