Drame de Boudry: le procureur a requis 11 ans

Le drame conjugal de Boudry devant la justice. L’homme qui a tué son épouse en septembre 2015 ...
Drame de Boudry: le procureur a requis 11 ans

Le drame conjugal de Boudry devant la justice. L’homme qui a tué son épouse en septembre 2015 comparait devant le Tribunal criminel à Neuchâtel. Il est prévenu d’avoir abattu sa femme infidèle et menacé son amant. Ce septuagénaire soupçonnait sa femme d’avoir un autre homme dans sa vie. Le soir du drame, il l’a suivie jusque chez son  amant et l’a abattue. Le Ministère public a requis 11 ans de prison, la défense 4 ans. L’audience s’est ouverte devant une salle comble. Le prévenu est entré la tête dans les épaules, l’air abattu. Il a expliqué à la cour que le soir du drame, il avait localisé sa femme grâce à une balise qu’il avait posée sur sa voiture. L’homme ne se souvient pas d’avoir tiré sur son épouse depuis la rue, juste de l’avoir vue tomber. Et de préciser: j’adorais ma femme.

L’amant, qui est aussi partie plaignante, a également été entendu. Il ne s’est toujours pas remis du drame. Ces images le poursuivent encore aujourd’hui. Il a vu tomber son amie sous le coup de feu, il l’a vue mourir sans rien pouvoir faire de peur d’être tué lui aussi.

 

Meurtre ou crime passionnel ?

La question pour les juges va être de savoir si l’homme doit être condamné pour meurtre ou crime passionnel. Le Ministère public écarte le crime passionnel pour plusieurs raisons. Le mari trompé n’a pas agi sur un coup de tête. Il a pris et chargé son pistolet avant de se rendre à Boudry. Par ailleurs, selon l’expert psychiatre, le prévenu était en pleine capacité de ses moyens. Enfin, son acte a été dicté par sa jalousie, sentiment qui, aux yeux de la loi, n’est pas un motif qui peut être excusable. Raison pour laquelle le Ministère public plaide pour le meurtre.

L’homme est aussi prévenu de menaces à l’encontre de l’amant de sa femme. Après avoir tiré sur sa femme, il a tenté d’entrer dans l’appartement, mais la porte était fermée. Il l’enjoint aussi à se montrer, à se dévoiler. Ce que l’amant ne fera pas. Que ce serait-il passer s’il avait pu entrer, s’il avait vu son rival ? Peut-être un deuxième cadavre, selon le procureur.

L’avocate d’un des enfants du couple suit le Ministère public. Pour elle, il ne s’agit pas non plus d’un crime passionnel. Et de poursuivre que la sentence prononcée n’allégera pas la tristesse des enfants mais rendra leur deuil plus paisible.

La défense de son côté plaide le meurtre passionnel et demande une peine de quatre ans de prison. L’avocat du prévenu revient sur la relation du couple. Selon plusieurs témoins et amis, l’épouse ne cessait de dénigrer son mari. Lui encaissait sans broncher. Le soir du drame, il n’avait pas l’intention de tuer sa femme mais il a agi sur un coup de folie. La défense conteste par ailleurs les menaces à l’encontre de l’amant. /sma


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