Trump appelle républicains et démocrates au « compromis »

Le président américain Donald Trump a appelé mardi devant le congrès des Etats-Unis républicains ...
Trump appelle républicains et démocrates au « compromis »

Trump s'essaie à la conciliation mais ne contient pas ses attaques

Photo: KEYSTONE/EPA/SHAWN THEW

Le président américain Donald Trump a cherché mardi à jouer la conciliation et l'unité dans son deuxième discours sur l'état de l'Union. Il a au final tenu des propos très fermes et durs sur l'immigration et dénoncé des enquêtes judiciaires partisanes à son encontre.

Pour ce traditionnel discours, qui a duré 82 minutes, M. Trump a tenté plusieurs appels au compromis dans une allocution à la tonalité relativement sobre, à l'exception d'un long passage sur la sécurité à la frontière avec le Mexique. Il a d'ailleurs conclu cette partie sur la promesse que le mur serait bel et bien construit.

'Le programme que je vais présenter ce soir n'est ni républicain ni démocrate. C'est celui du peuple américain', a-t-il lancé devant plus de 500 élus, dont de nombreuses femmes démocrates vêtues de blanc, en hommage au centenaire du mouvement des suffragettes.

'Ensemble, nous pouvons mettre fin à des décennies de blocage politique, guérir les blessures anciennes, construire de nouvelles coalitions, esquisser de nouvelles solutions', a-t-il ajouté, s'en tenant assez fidèlement au texte défilant sur les téléprompteurs.

Peu d'initiatives nouvelles

Mais ces appels venant d'un président coutumier des diatribes enflammées ont peu de chance d'être entendus par ses adversaires politiques. D'autant que le texte comportait peu d'initiatives nouvelles.

'On dirait que, tous les ans, le président se réveille le jour du discours sur l'état de l'union avec une soudaine envie d'unité. Les 364 autres jours de l'année, le président passe son temps à nous diviser', avait ironisé, avant même le début du discours, Chuck Schumer, ténor démocrate du Sénat.

Une image résumait la difficulté de sa délicate équation politique: lorsqu'il a pris la parole devant les élus au grand complet, la nouvelle 'speaker' de la chambre des représentants, Nancy Pelosi, était, suivant la tradition, assise derrière lui, dans le champ des caméras. Elle est pour l'essentiel restée impassible.

Or l'élue démocrate de San Francisco, vent debout contre son projet de mur à la frontière avec le Mexique, vient de lui infliger une cuisante défaite politique. Et l'image d'habile négociateur que le magnat de l'immobilier de 72 ans aime mettre en avant a été très sérieusement écornée.

Pas d'urgence nationale

A 21 mois de la prochaine élection présidentielle, où il entend briguer un second mandat, le républicain a dénoncé, avec une virulence rare dans cette enceinte, les enquêtes judiciaires 'ridicules' et 'partisanes' en référence aux investigations du procureur spécial Robert Mueller sur le liens entre son équipe de campagne et la Russie.

Sur un terrain moins miné, il a fait valoir de très bons chiffres économiques et un marché du travail extrêmement dynamique. 'Après 24 mois de progrès rapides, le monde entier nous envie notre économie, notre armée est la plus puissante de la terre, et l'Amérique gagne chaque jour', a-t-il déclaré.

S'il a une nouvelle fois affirmé que le mur à la frontière avec le Mexique serait 'construit', il n'a finalement pas, comme il l'avait laissé entendre, déclaré une 'urgence nationale'. Cette procédure exceptionnelle lui permettrait de contourner le Congrès.

Evoquant rapidement les questions sanitaires, il a fixé comme objectif aux élus du congrès de dégager les moyens nécessaires pour 'éliminer l'épidémie de VIH' aux Etats-Unis d'ici 10 ans.

Sommet Trump-Kim au Vietnam

Le chapitre consacré à la politique étrangère lui a valu des applaudissements inégaux dans son camp, tant certaines de ses décisions suscitent un malaise. 'Les grandes nations ne se combattent pas dans des guerres sans fin', a affirmé M. Trump pour défendre le retrait annoncé des troupes américaines de la Syrie et d'Afghanistan.

Le président américain a aussi profité de ce rendez-vous pour annoncer le lieu et la date de son prochain sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. La rencontre aura lieu les 27 et 28 février au Vietnam.

Une nouvelle fois, il a averti la Chine qu'elle ne pourrait plus 'voler les emplois et la richesse des Américains'. Il a exigé des 'changements structurels' de Pékin pour mettre fin à ses pratiques commerciales 'injustes'. Il a aussi assuré les Vénézuéliens du soutien américain dans leur 'quête de liberté'.

Le 45e président des Etats-Unis a conclu son discours sur une ultime tentative de tonalité rassembleuse: 'Nous devons choisir si nous nous définissons par nos différences ou si avons l'audace de les transcender'. Le prochain combat budgétaire, avec une échéance fixée au 15 février, pourrait rapidement marquer la reprise d'un affrontement politique sans merci jusqu'à l'élection présidentielle de novembre 2020.

/ATS
 

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