Toulouse « capitale » de l'acte 22 des « gilets jaunes »

Pour leur 22e samedi consécutif de manifestations, les 'gilets jaunes' vont tenter de se rassembler ...
Toulouse « capitale » de l'acte 22 des « gilets jaunes »

Photo: KEYSTONE/EPA/GUILLAUME HORCAJUELO

Quelques milliers de 'gilets jaunes' ont de nouveau manifesté en France pour le 22e samedi consécutif. Ils sont indifférents aux prochaines annonces du président Emmanuel Macron, censées mettre un terme à une crise sociale qui dure depuis près de 5 mois.

Les rassemblements ont réuni au total 31'000 personnes en France, dont 5000 à Paris, selon un décompte du ministère de l'Intérieur. Des chiffres supérieurs aux 22'300 recensés le samedi précédent, plus faible participation depuis le début du mouvement il y a quatre mois.

De leurs côtés, les 'gilets jaunes', qui contestent les chiffres officiels, estiment le nombre de participants à '80'504', selon la page Facebook de comptage. Ils évoquent 'un petit regain de mobilisation' avant la date 'exceptionnelle' du 20 avril.

Avant même les déclarations du président de la République, certains donnaient l'humeur générale dans les cortèges: 'Le grand débat, grand blabla', 'Macron on n'attend rien de vos annonces', pouvait-on lire sur les pancartes du petit cortège parisien.

Globalement, les manifestations se sont déroulées dans le calme. A Paris, les forces de l'ordre ont procédé à 27 interpellations et 9473 contrôles préventifs, a indiqué la préfecture.

Loi anticasseurs

Mais à Toulouse, 'capitale' du jour pour les manifestants, des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont émaillé le rassemblement. Les forces de l'ordre ont utilisé gaz lacrymogènes, grenades assourdissantes et canon à eau pour repousser les 'gilets jaunes', qui étaient environ 4500 selon une source policière.

Vingt-trois personnes ont été interpellées, dont plusieurs 'pour dissimulation volontaire du visage' dans le cadre de la loi anticasseurs, a indiqué la préfecture. Ces manifestations sont en effet les premières à se dérouler après la promulgation de cette loi, particulièrement ciblée par les 'gilets jaunes'.

'Manifester est un droit fondamental et doit le rester', affirmait une banderole en tête du petit cortège de Bordeaux. 'On ne nous empêchera pas de manifester. Ils peuvent faire les lois qu'ils veulent, on sera encore là en août s'il le faut', promet Gabrielle, 43 ans, manifestante à Paris.

Promulgué jeudi, le texte autorise notamment les fouilles de sacs et de véhicules dans les manifestations et à ses abords, et crée un délit de dissimulation volontaire du visage puni d'un an d'emprisonnement et 15'000 euros d'amende.

Cette loi a été votée après plusieurs samedis marqués par des scènes d'émeutes urbaines, notamment à Bordeaux et Paris sur les Champs-Elysées, qui ont fait le tour du monde. La préfecture de police y a d'ailleurs, pour la troisième fois consécutive, interdit tout rassemblement.

Annonces d'Emmanuel Macron attendues

Les rassemblements interviennent en tour de chauffe d'une nouvelle 'grande journée' promise par les 'gilets jaunes' le 20 avril, après les annonces attendues d'Emmanuel Macron dans les prochains jours.

Après plus de deux mois de consultation nationale, le chef de l'Etat doit en effet annoncer des mesures 'puissantes' et 'massives', selon l'exécutif. Elles vont tenter d'apaiser le mouvement social, né à l'origine d'un ras-le-bol fiscal. La présidence n'a dévoilé ni la date exacte ni le format de cette prise de parole.

Plusieurs pistes sont évoquées, telles une baisse de l'impôt sur le revenu, une réindexation des petites retraites sur l'inflation, ou encore des réformes plus symboliques comme la suppression ou la réforme de l'ENA, école de formation des élites de l'Etat, la suppression des avantages des anciens présidents et ministres.

'Pas de seconde chance'

Reste à savoir si elles suffiront à sortir de la crise. Le président Macron 'n'aura pas de seconde chance', a estimé samedi le président de droite du Sénat, Gérard Larcher, dans un entretien au Figaro.

'Les réponses ne pourront pas être uniquement cosmétiques ou purement institutionnelles. Il lui faudra faire preuve de pédagogie dans ses choix, présenter un calendrier et une méthode. Les Français ont besoin de confiance et de rassemblement, d'un nouveau souffle et pas de 'coups'', a-t-il ajouté.

/ATS
 

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