Sept ans après le mariage gay, mobilisation contre la PMA en France

Sept ans après les mobilisations monstres en France contre le mariage gay, les opposants à ...
Sept ans après le mariage gay, mobilisation contre la PMA en France

Sept ans après les mobilisations monstres en France contre le mariage gay, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche à Paris pour clamer leur refus de voir les femmes célibataires ou homosexuelles fonder une famille 'sans père'.

L'ouverture à toutes les Françaises de la procréation médicale assistée (PMA) constitue la mesure phare d'un projet de loi bioéthique hautement sensible débattu au Parlement.

Une perspective combattue par les manifestants qui ont défilé calmement dans le sud de la capitale en agitant des drapeaux verts ou rouges estampillés 'Liberté Égalité Paternité', clin d'oeil à la devise de la République française, 'Liberté, Egalité, Fraternité'.

'Depuis presque 2 ans, nos tentatives de dialogue n'ont jamais abouti (...) il ne reste plus que la rue pour être entendus', a déclaré la présidente du mouvement catholique conservateur la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, déjà en pointe de la mobilisation contre le mariage homosexuel il y a sept ans.

'Cette manifestation, c'est un avertissement au gouvernement. Ouvrira-t-il le dialogue ou restera-t-il comme (le président de l'époque François) Hollande en 2012 dans le mépris?', a-t-elle ajouté.

Près de 75'000 manifestants

Le défilé a rassemblé 74'500 personnes, selon un comptage réalisé par le cabinet Occurence pour un collectif de médias dont l'AFP. Les mobilisations de 2012-2013 contre la loi autorisant le mariage gay avaient réuni jusqu'à 340'000 personnes selon la police et 1,4 million selon les organisateurs.

Les organisateurs, réunis au sein d'un collectif de 21 associations, dont le mouvement catholique conservateur La Manif pour tous, qui avait mené la fronde en 2013 contre la légalisation du mariage homosexuel, ont avancé de leur côté le chiffre de 600'000 manifestants.

Les organisateurs avaient appelé au rassemblement avec plus de trois millions de tracts distribués, des murs tapissés d'affiches depuis des semaines, deux trains spéciaux affrétés et plus d'une centaine de cars complets dans toute la France.

Promesse de campagne

Dans leur ligne de mire, l'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, promesse de campagne d'Emmanuel Macron adoptée le 27 septembre par les députés, qui continuent à débattre des autres articles du texte.

'Je pense que c'est important pour les enfants d'avoir un père', estime Véronique, 25 ans, assistante de production, venue du nord de la région parisienne avec son mari et son bébé. 'La loi ne doit pas en faire des orphelins', dit-elle.

La grande majorité des études, réalisées pour l'essentiel à l'étranger, concluent que les enfants nés par PMA dans des familles homoparentales grandissent dans d'aussi bonnes conditions que les autres, mais les opposants réfutent leur validité.

Venu en bus de Bretagne (ouest), Christian Kersabiec, 68 ans, refuse 'cette société nouvelle où on joue les apprentis sorciers'. 'La famille avec un père et une mère est un écosystème à protéger', estime-t-il.

'A contre-courant'

'On sait qu'on est seuls, qu'on marche à contre-courant', concède Loïc, 29 ans, venu de Châteauroux (centre). 'Cette loi va passer mais je suis là pour pouvoir dire à mes enfants que je me suis battu', ajoute-t-il.

Ces manifestants apparaissent toutefois en décalage avec la majorité de la société française. 'L'opinion est beaucoup moins crispée sur la PMA que sur le mariage' pour tous, souligne Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop.

Selon le dernier sondage de cet institut d'études en septembre, une très large majorité de Français soutient l'ouverture de la PMA aux femmes seules (68%) et aux lesbiennes (65%), un 'niveau record'.

Depuis, le clivage gauche-droite s'est 'affadi' souligne le politologue. Contrairement à 2012, aucune personnalité de premier plan à droite n'a participé au cortège dimanche.

Les associations LGBT craignent, elles, que cette mobilisation relance les actes homophobes, qui avaient bondi en France en 2013.

/ATS
 

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