Renzi, critiqué dans son camp, voudrait bloquer le M5S

Des ténors du parti démocrate (PD) italien dénonçaient mardi l'attitude intransigeante de leur ...
Renzi, critiqué dans son camp, voudrait bloquer le M5S

Renzi, critiqué dans son camp, voudrait bloquer le M5S

Photo: KEYSTONE/AP/ALESSANDRA TARANTINO

Des ténors du parti démocrate (PD) italien dénonçaient mardi l'attitude intransigeante de leur chef, Matteo Renzi. Démissionnaire, ce dernier entend bloquer toute discussion avec le Mouvement 5 étoiles (M5S), l'un des vainqueurs du scrutin de dimanche.

Pour le M5S, la démarche la plus logique serait de se tourner vers les démocrates de centre gauche. Une telle tentative avait échoué en 2013, mais le M5S s'est depuis assagi et le rapport de force est inversé après le revers du PD après cinq ans de pouvoir (18,7%).

Cependant, Matteo Renzi est 'un obstacle à cette convergence', a expliqué mardi le politologue Giovanni Orsina. Le M5S est braqué contre la personnalité jugée arrogante du chef du PD, qu'il associe souvent à Silvio Berlusconi avec le sobriquet de 'Renzusconi'.

Certes, M. Renzi avait annoncé la veille qu'il quittait la direction du parti, mais a précisé que son successeur ne serait élu qu'après la désignation du gouvernement. Et il s'est porté 'garant' que sa formation ne devienne pas 'la béquille d'un gouvernement antisystème'.

'Le M5S et les droites nous ont insultés pendant des années et sont à l'opposé de nos valeurs. Ils sont antieuropéens, antipolitiques, ils ont utilisé un langage de haine. Ils nous ont dit que nous étions corrompus, mafieux, complices et que nous avions les mains pleines de sang à cause de l'immigration. Je ne pense pas qu'ils aient changé à l'improviste. Qu'ils fassent un gouvernement s'ils y parviennent, nous restons hors de cela', a-t-il écrit mardi sur Facebook.

Aucune majorité n'est sortie des urnes dimanche et la lutte est engagée entre la coalition de droite, qui a remporté 37% des voix mais est désormais dominée par l'extrême droite, et le M5S, devenu le premier parti du pays avec 32,7% des voix.

Opposés aux 'bunkers'

La position de M. Renzi est pourtant loin de faire l'unanimité au sein du parti démocrate. 'Nous sommes tout autant que Renzi contre les tractations d'arrière-salle mais aussi contre les bunkers', a réagi Andrea Orlando, ministre de la justice.

'Renzi risque de provoquer une catastrophe démocratique pour l'Italie et de faire exploser le PD', a lancé de son côté Michele Emiliano, gouverneur des Pouilles. Le M5S 'a gagné le droit de gouverner' et le PD 'doit le soutenir, en exerçant la fonction de contrôle du programme. Sinon, ils s'associeront avec les droites', a-t-il ajouté.

Une alliance 'eurosceptique' entre le M5S et la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite), qui avec 17,3% est devenue la première force de l'alliance de droite, n'est cependant pas à l'ordre du jour, selon les intéressés.

Equipe prête à droite

Matteo Salvini et Silvio Berlusconi (centre droit) estiment pour leur part que la coalition de droite a 'le droit et le devoir' de former le gouvernement pour appliquer son programme de baisses d'impôts et de lutte contre l'immigration. 'Nous avons une équipe et elle est prête', a répété M. Salvini mardi.

Mais le vieux milliardaire, qui avec 14% des voix pour son parti de centre droit Forza Italia a perdu la main dans son camp, ne s'est pas explicitement rangé derrière son jeune allié, appelant seulement à 'renforcer la coalition qui devra obtenir le mandat de gouverner'.

Le premier test sera l'élection des nouveaux présidents des deux chambres, en principe le 23 mars prochain. Ensuite seulement le président italien Sergio Mattarella entamera ses consultations.

'Chantier important'

L'impasse actuelle en Italie inquiète Bruxelles. 'En Italie, les gens sont déçus par la politique et sont déçus par l'Europe, clairement', a précisé mardi le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans. 'On a un grand travail à faire, le chantier est important. Mais je crois qu'on peut convaincre les Italiens d'un futur en commun avec les autres Européens', a-t-il pondéré mardi sur les ondes de la radio française Europe 1.

L'Europe a 'aidé' l'Italie comme elle le pouvait pour gérer la vague migratoire mais n'a pas trouvé de 'solution à long terme', a-t-il ajouté.

/ATS
 

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