Présidentielle en RDC: le comptage manuel des voix se poursuit

Le comptage manuel des voix se poursuivait lundi dans des bureaux de vote en République démocratique ...
Présidentielle en RDC: le comptage manuel des voix se poursuit

Opposition et pouvoir revendiquent la victoire à la présidentielle

Photo: KEYSTONE/AP/JEROME DELAY

La République démocratique du Congo attendait lundi les premiers résultats de l'élection présidentielle à un tour, survenue la veille. Candidats de l'opposition et du pouvoir réclament déjà la victoire.

La tension monte, à la hauteur de l'enjeu historique du scrutin: la succession du président Jospeh Kabila, premier dirigeant congolais à renoncer au pouvoir sous la pression de la Constitution depuis l'indépendance en 1960.

Internet a été 'suspendu' lundi à la mi-journée pour une 'période indéterminée' sur 'instruction du gouvernement', a indiqué un fournisseur d'accès. Une information confirmée par Vodacom, un des trois opérateurs de téléphonie mobile avec Airtel et Orange.

'J'ai gagné'

Le camp du candidat d'opposition Martin Fayulu a accusé l''Agence nationale de renseignements' d'avoir coupé internet pour endiguer la diffusion d'une vague de procès-verbaux 'qui confirment la victoire écrasante' de son candidat. 'J'ai déjà gagné', a déclaré de son côté le dauphin du président Kabila, le candidat du pouvoir Emmanuel Ramazani Shadary, dès dimanche matin après avoir voté.

Quant à l'entourage de Félix Tshisekedi, autre candidat d'opposition, il a distillé à la presse des résultats le plaçant en tête avec plus de 50% des voix dans une vingtaine de bureaux de vote à Kinshasa, sa place forte du Kasaï, et dans le Sud-Kivu, bastion de son directeur de campagne Vital Kamerhe.

C'est cependant la Commission électorale nationale indépendante (Céni) qui doit officiellement publier d'ici dimanche les résultats de ces élections, présidentielle, législatives et provinciales. L'attente est de mise et la crainte de contestation violente, comme lors des deux précédentes élections de 2006 et 2011, bien présente.

Anomalies dans le comptage

La Conférence des évêques (Cenco) a relevé dès lundi matin des anomalies dans le comptage des voix, sur la base d'un rapport partiel de ses 40'000 observateurs.

'3626 (rapports) indiquent que le nombre des bulletins dans l'urne était égal aux données électroniques de la machine à voter', a déclaré le secrétaire général de la Cenco à la presse, citant '4161 rapports sur le dépouillement'. Par défaut, cela signifie que ce n'était pas le cas dans 535 bureaux, soit 12,8% des rapports.

De Kinshasa à Goma, 2000 km plus à l'est, de Kisangani à Lubumbashi, les premiers résultats étaient affichés à destination des habitants dans les centres de vote où le comptage des voix s'est parfois poursuivi toute la nuit jusqu'au matin.

Tensions au Kasaï

'Il y a eu plusieurs cas' d'observateurs obligés de quitter les bureaux de vote dans les 26 provinces, a indiqué quant à lui lundi matin Luc Lutala, un porte-parole de l'ONG Symocel, l'autre grande mission d'observation électorale congolaise avec celle des évêques. 'Nous avons même eu des cas où nos observateurs ont été molestés et violentés, à Mbuji-Mayi', dans le centre du Kasaï.

A Mbuji Mayi, le parti historique d'opposition UDPS de Félix Tshisekedi a accusé le gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji d'avoir voulu remplir les urnes en faveur du camp du pouvoir. De son côté, le porte-parole du gouverneur Vincent Ngoyi accuse les militants de l'UDPS d'avoir tenté de s'emparer des machines à voter.

Le porte-parole de la Symocel a encore confirmé la mort de quatre personnes dans les opérations électorales dans la province du Sud-Kivu: 'Il n'y a pas que les quatre morts, il y a aussi des blessés'. 'Un agent électoral essayait de tricher, de faire voter les gens pour le compte du candidat au pouvoir, ce qui aurait déclenché une réaction du public. La police est intervenue. De là, il y a eu ce bilan-là', a-t-il détaillé.

/ATS
 

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