Présidence de Catalogne: Jordi Sanchez de nouveau désigné candidat

Le président du parlement catalan Roger Torrent a annoncé samedi avoir de nouveau désigné l'indépendantiste ...
Présidence de Catalogne: Jordi Sanchez de nouveau désigné candidat

Présidence de Catalogne: Jordi Sanchez de nouveau désigné candidat

Photo: KEYSTONE/dpa-Zentralbild/BRITTA PEDERSEN

Le président du parlement catalan Roger Torrent a annoncé samedi avoir de nouveau désigné l'indépendantiste incarcéré Jordi Sanchez comme candidat à la présidence régionale de Catalogne. Celle-ci est toujours vacante après trois tentatives infructueuses.

'Je propose le député Jordi Sanchez comme candidat à l'investiture. C'est lui qui réunit le plus de soutiens', a indiqué M. Torrent dans un tweet. Lors d'une précédente tentative fin mars, Jordi Sanchez avait retiré sa candidature car la justice espagnole refusait de le libérer pour qu'il puisse être investi.

C'est la quatrième fois que le président du parlement catalan propose un candidat: il y a eu le président régional destitué par Madrid Carles Puigdemont, Jordi Sanchez une première fois et l'ancien porte-parole de l'exécutif catalan Jordi Turull.

L'investiture de M. Puigdemont s'était révélée trop compliquée à mettre en oeuvre en raison de son installation en Belgique, où il échappait aux poursuites de la justice espagnole. Le dirigeant indépendantiste avait décidé d'y renoncer 'provisoirement'.

Celle de Jordi Turull avait été tuée dans l'oeuf par la décision de la justice espagnole de l'inculper pour 'rébellion' aux côtés d'autres dirigeants indépendantistes et de l'incarcérer entre les deux tours de vote du parlement.

Soutien de Puigdemont

Carles Puigdemont a apporté samedi son soutien à la nouvelle candidature de Jordi Sanchez.

'Il faut aujourd'hui réclamer que l'Etat (espagnol) change d'attitude. Qu'il garantisse les droits politiques de notre député Jordi Sanchez à être président. Il garde intacts ses droits comme député et à être président' régional, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Berlin, au lendemain de sa remise en liberté après son arrestation le 25 mars.

Comme M. Puigdemont, Jordi Sanchez, ancien dirigeant de la puissante association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC), est inculpé pour 'rébellion'. Et pour être investi, il doit obtenir une autorisation de sortie du juge.

Si un nouveau président de Catalogne n'est pas désigné avant le 22 mai, de nouvelles élections régionales seront automatiquement convoquées.

'L'indépendantisme, réalité déterminante'

Carles Puigdemont a également assuré samedi que l'indépendance de la Catalogne n'était pas l'unique solution au conflit qui l'oppose à Madrid.

'J'ai toujours dit que c'était notre proposition, mais bien sûr nous sommes prêts à écouter et à travailler si les autorités espagnoles ont un projet espagnol pour la Catalogne', a-t-il ajouté, s'exprimant tour à tour en catalan, anglais et espagnol.

Mais, a-t-il aussi prévenu, 'il faut commencer à admettre que l'indépendantisme catalan démocratique est une réalité déterminante'.

Prochains pas judiciaires

Libéré sous caution vendredi, l'ex-président de l'exécutif catalan a été placé sous contrôle judiciaire par la justice allemande.

M. Puigdemont était détenu en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne, où il est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 25 ans de prison pour sédition, rébellion et détournement de fonds publics. Madrid lui reproche d'avoir organisé le référendum d'autodétermination du 1er octobre dernier, à ses yeux illégal.

La justice allemande a estimé jeudi que les accusations de détournement de fonds publics le visant pouvaient servir de base à une possible extradition. En revanche, l'accusation de rébellion, qui n'est pas un délit pénal en Allemagne, n'a pas été retenue par les juges du Schleswig-Holstein.

L'avocat allemand de Carles Puigdemont, Wolfgang Schomburg, a promis de continuer de se battre pour obtenir que les juges excluent également une extradition pour détournement de fonds. Le Tribunal suprême espagnol envisage de son côté de consulter la Cour européenne de justice sur le rejet de la rébellion comme motif d'extradition.

/ATS
 

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