Netanyahu chez Poutine: le plan américain, une « opportunité unique »

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi à Vladimir Poutine que le plan ...
Netanyahu chez Poutine: le plan américain, une « opportunité unique »

Israël laissait planer le doute jeudi sur ses intentions concernant l'application du projet de Washington censé mettre un terme au conflit avec les Palestiniens. Celui-ci prévoit notamment l'annexion par l'Etat hébreu de larges pans de la Cisjordanie.

Ce plan, présenté mardi à Washington par Donald Trump avec à ses côtés le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en campagne électorale, a reçu un accueil favorable des Israéliens, mais très hostile de la part des Palestiniens.

Il prévoit, entre autres points sensibles, l'annexion par Israël des colonies juives en Cisjordanie occupée, ce qui constitue une violation du droit international, pour lequel toutes les colonies sont illégales. Cette annexion concernerait en particulier la vallée du Jourdain, qui doit devenir la frontière orientale d'Israël.

Annexion immédiate?

Ces zones peuvent être annexées 'sans attendre', avait aussitôt estimé l'ambassadeur des Etats-Unis David Friedman. Mais l'architecte du projet US, Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, a exprimé l''espoir qu'ils (le gouvernement israélien) attendent après les élections' israéliennes prévues le 2 mars pour annexer les secteurs désignés par le plan.

Et, après s'être félicité de ce plan, le gouvernement israélien semblait jeudi marquer le pas. Il doit se réunir dimanche, mais le bureau du Premier ministre n'a pas souhaité confirmer si les annexions étaient à l'ordre du jour comme initialement prévu.

3e législatives en un an

Pour la 3e fois consécutive en moins d'un an, Benjamin Netanyahu devra affronter lors d'élections législatives la liste de son principal rival Benny Gantz pour rester au pouvoir.

Le Likoud, le parti de Benjamin Netanyahu - inculpé pour corruption -, n'est pas parvenu à former une coalition lors des deux dernières élections. Rien ne dit qu'il soit en mesure de réunir suffisamment de voix pour y parvenir lors du scrutin du 2 mars.

Depuis mardi, la droite israélienne appelle le Premier ministre à appliquer au plus vite le plan de Washington. 'Tout ce qui sera reporté après l'élection n'aura jamais lieu. Tout le monde le sait', a jugé mercredi le ministre de la Défense Naftali Bennet.

Le ministre du Tourisme Yariv Levin, en visite à Moscou jeudi avec Benjamin Netanyahu, a lui assuré sur les ondes de la radio de l'armée israélienne que le gouvernement souhaitait prendre une décision sur l'annexion 'dès que possible'.

'Opportunité unique'

Lors de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, le premier ministre israélien n'a pas fait allusion aux éventuelles annexions, soulignant cependant que le plan des Etats-Unis était une 'opportunité unique' de résoudre le conflit israélo-palestinien.

Vladimir Poutine, pour sa part, n'a pas fait référence au projet de Washington lors de la conférence de presse. Moscou a bien 'commencé à étudier' le plan, a indiqué la porte-parole de la diplomatie russe, soulignant qu'il appartenait avant tout aux 'Israéliens et aux Palestiniens' de décider d'un plan de paix qui soit 'juste'.

Comme la communauté internationale considère les colonies juives en Cisjordanie comme illégales au regard du droit international, toute tentative d'annexion de territoires palestiniens par Israël pourrait susciter une fronde diplomatique.

Manifestations

Bien que rejeté à la fois par le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, et par le président palestinien Mahmoud Abbas, le plan n'a suscité que quelques manifestations, émaillées par de rares violences.

A Ramallah et à Hébron, en Cisjordanie, des manifestations contre le plan ont fait 18 blessés. Les forces d'occupation israéliennes ont tiré des balles en caoutchouc, faisant aussi usage de gaz lacrymogènes, selon le Croissant-Rouge palestinien.

L'armée a déployé mercredi soir des troupes supplémentaires en Cisjordanie et près de la frontière avec l'enclave palestinienne de Gaza, afin de 'minimiser les risques d'un embrasement', a précisé un responsable militaire israélien.

/ATS