Migrants bloqués: l'ONU renvoie l'Italie et l'UE dos à dos

L'ONU a renvoyé l'Italie et l'UE dos à dos. Elle a exhorté samedi Rome à débarquer les migrants ...
Migrants bloqués: l'ONU renvoie l'Italie et l'UE dos à dos

Douze migrants du Diciotti débarquent en Sicile

Photo: KEYSTONE/AP ANSA/ORIETTA SCARDINO

Douze migrants, sur 150, ont été autorisés samedi après-midi à débarquer du navire Diciotti dans le port de Catane, en Sicile. Une enquête de justice a été ouverte pour tenter de comprendre qui a donné l'ordre d'interdire le débarquement des migrants.

Dans un premier temps, les autorités sanitaires du port avaient autorisé le débarquement pour raison de santé de 16 personnes - 11 femmes et cinq hommes - auxquelles s'est ajouté un sixième homme, malade lui aussi, portant le total à 17 personnes. Cinq des femmes ont cependant refusé de quitter le navire et d'abandonner des membres de leurs familles encore à bord, soulignent les médias.

Plusieurs médecins et inspecteurs du ministère de la Santé étaient montés dans la matinée à bord du Diciotti, le navire des gardes-côtes italiens qui a sauvé les migrants il y a une dizaine de jours, pour contrôler l'état de santé de ces personnes.

En début de soirée, le ministère italien des Affaires étrangères a remercié sur Twitter 'l'Albanie pour sa décision d'accueillir 20 réfugiés du navire Diciotti, un signal de grande solidarité et de grande amitié'. L'Albanie, qui n'appartient pas à l'UE, est le seul pays pour l'instant à avoir accepté d'accueillir une partie de ces migrants.

Hauts fonctionnaires interrogés

Par ailleurs de hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur étaient interrogés samedi à Rome sur cette affaire par un magistrat sicilien. Luigi Patronaggio, le procureur du parquet d'Agrigento, en Sicile, a lancé le premier une enquête de justice sur cette affaire.

Il a interrogé plusieurs hauts fonctionnaires pour tenter de comprendre la chaîne de commandement et qui a donné l'ordre d'interdire le débarquement des migrants, selon les médias. Les délits envisagés sont séquestration de personnes, arrestations illégales et peut-être abus de pouvoir, selon la même source.

Mais Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur et tenant de la ligne dure envers les migrants, a réagi dès vendredi soir, demandant au magistrat de l'interroger directement lui. 'Il devrait m'interroger moi, et non pas demander des éclaircissements à des fonctionnaires qui exécutent les directives données par le responsable, c'est-à-dire moi', a dit le chef de la Ligue (extrême droite) à la radio.

'Dangereux et immoral'

A Genève, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a lancé samedi 'un appel aux Etats membres de l'Union européenne pour qu'ils offrent d'urgence des places de réinstallation à quelque 150 personnes secourues qui restent à bord du Diciotti, navire des garde-côtes italiens'. 'En attendant, le HCR exhorte les autorités italiennes à autoriser le débarquement immédiat des personnes à bord', a-t-il ajouté.

'Il est dangereux et immoral de mettre en danger la vie des réfugiés et des demandeurs d'asile pendant que les Etats se livrent à une lutte politique pour trouver des solutions à long terme', a déclaré le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, cité dans le communiqué.

Dans cette affaire de nombreuses critiques venant de tout bord pleuvent depuis des jours sur Matteo Salvini. L'une des plus dures est venue de l'archevêque d'Agrigento, le cardinal Francesco Montenegro, qui a affirmé dans une interview samedi au quotidien La Stampa: 'Des fois il m'arrive de penser que s'il s'était agi d'animaux, on les aurait mieux traités'.

/ATS
 

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