Mariano Rajoy, témoin-clé au procès des indépendantistes catalans

L'ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a accusé mercredi les indépendantistes ...
Mariano Rajoy, témoin-clé au procès des indépendantistes catalans

Rajoy déplore les violences policières lors du référendum catalan

Photo: KEYSTONE/EPA SPANISH SUPREME COURT/SPANISH SUPREME COURT TV /

L'ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a déploré mercredi les violences policières ayant émaillé le référendum interdit en Catalogne. Il en a rejeté la responsabilité sur les indépendantistes lors du procès à Madrid des ex-dirigeants séparatistes.

'Je regrette beaucoup toutes ces images, elles ne me plaisent pas', a concédé M. Rajoy après la projection d'une vidéo montrant des policiers frappant à coups de matraques des électeurs. Il en a toutefois rejeté la responsabilité sur le gouvernement régional indépendantiste catalan qui a organisé ce référendum le 1er octobre 2017 malgré son interdiction par la justice.

'Si on n'avait pas appelé les gens à participer à un référendum illégal (...), personne n'aurait eu à voir les blessures de certaines personnes et membres des forces de sécurité', a ajouté M. Rajoy, au pouvoir au moment de la tentative de sécession de 2017.

Il s'exprimait sous le regard des douze anciens dirigeants indépendantistes encourant de 7 à 25 ans de prison. La plupart sont jugés pour 'rébellion', supposant l'existence d'un 'soulèvement public et violent', ce qui est systématiquement réfuté par la défense.

'Liquider la souveraineté'

Assis face aux sept juges de la Cour suprême, l'ancien dirigeant conservateur de 63 ans a déclaré d'un ton offensif que les indépendantistes 'étaient pleinement conscients que (...) tant que Mariano Rajoy serait président du gouvernement, il n'y aurait pas de référendum pour liquider la souveraineté nationale'.

Il a martelé qu'aucun dialogue n'était 'possible' avec les dirigeants séparatistes qui voulaient 'liquider la Constitution'. Selon le gouvernement régional catalan, 2,3 millions d'électeurs catalans avaient voté le 1er octobre 2017 dont 90% en faveur de l'indépendance. Un résultat invérifiable.

Egalement entendu mercredi comme témoin, l'ex-président de la Catalogne de 2010 à 2016, Artur Mas, a lui assuré que le mouvement indépendantiste avait toujours agi avec 'la volonté d'éviter la moindre violence'.

'Je m'étais trompé en pensant que le gouvernement central n'enverrait jamais des forces de l'ordre pour intervenir' le jour du référendum, a-t-il dit. Il a critiqué 'une chose aussi peu intelligente qui pouvait saper son image et faire le tour du monde'.

'Accusation populaire'

Aussitôt après la déclaration d'indépendance votée par le Parlement catalan le 27 octobre 2017, il avait placé la région sous tutelle, destitué le gouvernement de Carles Puigdemont et dissous le Parlement régional. En décembre 2017, cependant, les élections régionales convoquées par Madrid avaient été de nouveau remportées par les indépendantistes.

Mariano Rajoy a dirigé l'Espagne de 2011 jusqu'au renversement de son gouvernement en juin 2018, coulé par un méga-procès pour corruption ayant affecté son parti. Le vote d'une motion de censure avait permis au socialiste Pedro Sanchez d'accéder au pouvoir.

M. Rajoy a été cité à comparaître dans ce procès par le petit parti d'extrême droite Vox. Ce dernier a exploité la crise catalane pour prospérer et joue un rôle d''accusation populaire' controversé, en raison d'une singularité pénale espagnole.

/ATS
 

Actualités suivantes