Les tensions migratoires gagnent l'Amérique latine

Le président brésilien Michel Temer a convoqué une réunion d'urgence après des heurts entre ...
Les tensions migratoires gagnent l'Amérique latine

Les tensions migratoires gagnent l'Amérique latine

Photo: KEYSTONE/EPA EFE/GERALDO MAIA

Le président brésilien Michel Temer a convoqué une réunion d'urgence après des heurts entre la population locale et des migrants à la frontière avec le Venezuela. Ces tensions se développent avec l'exode des Vénézuéliens et des Nicaraguayens fuyant leur pays en crise.

M. Temer a réuni dimanche à Brasilia six de ses ministres clés dont ceux de la Défense, de la Sécurité publique et des Affaires étrangères pour discuter de la situation dans la ville frontalière de Pacaraima (nord), théâtre la veille de violences contre des migrants.

Des dizaines de milliers de Vénézuéliens, fuyant la crise politique, économique et sociale que traverse leur pays, ont rejoint le Brésil ces trois dernières années. Dernier exemple en date des tensions résultant de ces mouvements migratoires, le vol et l'agression samedi d'un commerçant de Pacaraima, attribuée à des Vénézuéliens.

Renforts à la frontière

Des dizaines d'habitants de cette localité, où vivent un millier de migrants dans la rue, ont détruit alors leurs deux principaux camps de fortune et brûlé leurs affaires, les contraignant à regagner leur pays. Des coups de feu ont été tirés, les magasins fermés et des débris divers jonchent les rues.

Trois Brésiliens ont été blessés, selon un porte-parole de la police militaire. Aucune information n'était disponible concernant des victimes du côté vénézuélien.

Après l'agression supposée du commerçant, 'les gens ont commencé à expulser les Vénézuéliens du centre-ville, les obligeant à regagner leur pays', a expliqué un habitant à l'AFP sous le couvert de l'anonymat.

Les autorités brésiliennes ont dépêché des renforts à la frontière comme le souhaitait la gouverneure de l'Etat de Roraima, qui dit craindre 'l'essor de la criminalité', liée selon elle aux migrants. Dans ce contexte, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a appelé le Brésil à prendre à 'prendre des mesures pour assurer la sécurité des ressortissants vénézuéliens et de leurs biens'.

Amérique latine sous tension

Les tensions migratoires se développent dans d'autres pays d'Amérique latine, attisées par les crises au Venezuela mais aussi au Nicaragua, où le président Daniel Ortega réprime sans ménagement un mouvement de contestation de son régime.

En Equateur, des migrants vénézuéliens sont bloqués à la frontière, où on leur demande désormais des passeports, que la plupart n'ont pas, au lieu d'une simple carte d'identité. Rien que la semaine dernière, quelque 20'000 Vénézuéliens sont entrés au Pérou, selon les autorités locales qui exigeront aussi des passeports à partir du 25 août.

Les autorités colombiennes redoutent pour leur que les contrôles frontaliers instaurés en Equateur depuis samedi, à la suite de l'instauration d'un état d'urgence migratoire, ne laissent des milliers de Vénézuéliens bloqués dans leur pays.

Exode vénézuélien

Les Nations unies évaluent à 2,3 millions de personnes le nombre de Vénézuéliens à avoir quitté leur pays, fuyant la misère et à la recherche d'un emploi. Plus de 800'000 ont gagné la Colombie où ils bénéficient d'un droit de séjour temporaire. De nombreux Vénézuéliens ambitionnent de rejoindre des pays plus lointains comme le Pérou, le Chili, l'Argentine ou l'Uruguay.

Au Costa Rica, des centaines de personnes ont manifesté samedi, parfois violemment et en agitant des symboles nazis, pour dénoncer les migrants venus du Nicaragua. Certains d'entre eux ont convergé vers un parc du centre de San José, voulant s'en prendre à des migrants. La police les en a empêchés, a indiqué le ministre pour la Sécurité, Michael Soto.

Nouveaux billets

Le Venezuela se débat toujours dans la crise. L'arrivée lundi de nouveaux billets qui compteront cinq zéros de moins que les actuels suscite des frénésies d'achats et de longues files d'attente aux stations essence. Le dollar au marché noir monte en flèche, autant de signes de la profonde anxiété qui ronge la population.

/ATS
 

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