Les rescapés de Parkland se préparent à retourner en classe

Les rescapés de la fusillade d'il y a douze jours à Parkland, en Floride, se préparent à revenir ...
Les rescapés de Parkland se préparent à retourner en classe

Les rescapés de Parkland se préparent à retourner en classe

Photo: KEYSTONE/AP Miami Herald/DAVID SANTIAGO

Les rescapés de la fusillade d'il y a douze jours à Parkland, en Floride, se préparent à revenir dans leur lycée. Ils continuent pourtant d'appeler les élus à prendre des mesures pour renforcer la sécurité.

'Imaginez avoir survécu à un accident d'avion et devoir reprendre l'avion tous les jours', a raconté à la chaîne de TV ABC David Hogg, 17 ans, rescapé du carnage du 14 février dernier dans le lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, où 17 personnes ont perdu la vie. 'Je n'arrive pas à imaginer comment mes camarades et moi allons pouvoir vivre cette journée sur le plan émotionnel', a-t-il avoué.

Pour Delaney Tarr, une lycéenne qui elle aussi a survécu à la tragédie, le retour en classe sera encore plus difficile. 'C'est inquiétant et effrayant parce que je ne sais pas si je serai en sécurité là-bas', a-t-elle déclaré sur la chaîne Fox News.

Début des cours mercredi

Certains étudiants et professeurs devaient revenir dès dimanche dans l'établissement pour une session dite 'd'orientation'. L'ensemble du corps enseignant et le personnel administratif doit y retourner lundi et mardi pour préparer le retour des élèves mercredi.

Une enseignante qui est déjà revenue au lycée a expliqué à la radio NPR que le choc de voir sa salle de classe dans l'état exact où elle l'avait laissée durant la fusillade, avec des cahiers ouverts sur les bureaux et le calendrier encore réglé à la date du 14 février, l'avait rendue tellement malade qu'elle s'était enfuie en courant.

Réglementation plus stricte

Selon un nouveau sondage de la chaîne de télévision CNN mené une semaine après la fusillade de Parkland, de plus en plus d'Américains sont favorables à une réglementation plus stricte sur les ventes d'armes et à l'interdiction des armes semi-automatiques du type de l'AR-15 utilisé par le tireur du lycée Nikolas Cruz, 19 ans.

Au total, 70% des personnes interrogées entre les 20 et 23 février se sont prononcées pour des contrôles plus stricts sur les ventes d'armes, contre 52% en octobre, peu après une fusillade à Las Vegas, la plus meurtrière aux Etats-Unis avec un bilan de 58 morts.

En outre, ils sont maintenant 57% à se prononcer pour l'interdiction des armes semi-automatiques, contre 49% en octobre. La police avait trouvé dans la chambre d'hôtel du tueur de Las Vegas quatorze AR-15.

'Très mauvaise idée'

Le président Donald Trump s'est dit en faveur d'un relèvement de l'âge légal pour acheter certaines armes, évoquant la possibilité d'autoriser le port d'armes pour les enseignants. Mais interrogée dimanche sur la chaine C-Span, la présidente de la fédération américaine des enseignants, Randi Weingarten, a qualifié cette proposition de 'très mauvaise idée, point final'.

Le gouverneur de Floride Rick Scott (républicain), membre du lobby américain des armes, la National Rifle Association (NRA), a proposé lui de positionner un policier dans chaque école publique de l'Etat.

Il s'est aussi prononcé pour un relèvement à 21 ans de l'âge légal pour acheter une arme et a promis de restreindre de façon draconienne l'accès aux armes à feu pour les personnes souffrant de problèmes mentaux, deux idées combattues par la NRA. Questionné dimanche sur Fox News, il a reconnu que 'certains ne seront pas d'accord. Mais je veux que mon Etat soit en sécurité'.

Shérif accusé par la NRA

Quant à la NRA, elle rejette la faute sur les élus et le shérif du comté pour son inaction. La porte-parole de l'organisation Dana Loesch a rappelé sur ABC que les autorités locales avaient été alertées à plusieurs reprises ces derniers mois du risque représenté par le tueur Nikolas Cruz et qu'un policier censé protéger les élèves n'était pas intervenu ce jour-là pour l'arrêter.

Sur CNN, le shérif Scott Israel a défendu ses collègues, soulignant que sur les 23 appels passés à ses services sur le comportement erratique ou menaçant de Cruz, quasiment tous avaient été traités correctement, mais d'autres font l'objet d'une enquête interne.

/ATS
 

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