Le président vénézuélien fait le ménage à la tête de l'armée

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, confronté à une vague de manifestations depuis avril ...
Le président vénézuélien fait le ménage à la tête de l'armée

Le président vénézuélien fait le ménage à la tête de l'armée

Photo: Keystone

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, confronté à une vague de manifestations depuis avril, a congédié mardi quatre hauts responsables de l'armée. Et la Cour suprême a autorisé l'ouverture de poursuites contre la seule voix discordante au sein du gouvernement.

Les commandants de la garde nationale chargé de contenir les protestations, de l'armée, de la Marine et du Commandement stratégique opérationnel ont été relevés de leurs fonctions. En revanche, le chef des armées et ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a été maintenu.

Le général Antonio Benavides Torres devra assumer 'de nouvelles responsabilités et batailles', a annoncé le dirigeant socialiste lors d'un discours, sans préciser lesquelles. Nicolas Maduro a également annoncé le recrutement de 20'000 policiers et militaires pour renforcer les forces de l'ordre.

L'armée, acteur incontournable du jeu politique au Venezuela, avait assuré le chef de l'Etat de son soutien 'inconditionnel' il y a quelques semaines. Le ministre Padrino Lopez a récemment lancé un appel inédit à ses troupes à cesser les 'atrocités' dans les manifestations.

Perte d'autorité

La procureure générale de la Nation, Luisa Ortega, a également critiqué les violences commises par les forces de l'ordre pour contenir les protestations, au cours desquelles 74 personnes sont mortes depuis début avril.

Lundi, un jeune homme de 17 ans est mort lors d'une manifestation à Caracas, un agent de la garde nationale étant soupçonné de lui avoir tiré dessus lors de heurts qui ont fait six autres blessés par balles.

Des vidéos et photographies de plusieurs médias, dont l'AFP, ont montré au moins trois agents en uniforme en train de tirer sur un groupe de manifestants encagoulés. Le général Benavides Torres a ordonné l'arrestation de ces militaires.

Pour Rocio San Miguel, experte en questions militaires, l'incident de lundi montre que 'non seulement Padrino Lopez mais aussi Benavides Torres ont perdu leur autorité sur leurs subalternes'.

De chaviste à 'traîtresse'

Mardi, la Cour suprême du Venezuela a aussi autorisé l'ouverture de poursuites contre Luisa Ortega, seule voix discordante au sein du camp du président Nicolas Maduro. La salle plénière du Tribunal suprême de justice (TSJ) 'a admis la requête de poursuites' déposée par le député Pedro Carreño, du parti socialiste au pouvoir, pour 'la commission supposée de fautes graves dans l'exercice de sa fonctions', a annoncé la Cour.

En quelques semaines, Mme Ortega s'est affirmée comme une grande voix critique au sein du camp chaviste (du nom de Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013). Auparavant considérée comme une alliée des chavistes, elle est désormais pour eux une 'traîtresse'.

Elle a multiplié les interventions contre le projet d'assemblée constituante du chef de l'Etat dont les manifestants exigent le départ depuis le début du mois d'avril. La première prise de parole critique de la procureure remonte au 31 mars, quand elle a dénoncé une 'rupture de l'ordre constitutionnel' après la décision - finalement annulée 48 heures plus tard - du TSJ de s'arroger les pouvoirs du Parlement, contrôlé par l'opposition.

Poursuites réclamées

Depuis, elle a réclamé des poursuites contre huit magistrats du TSJ et l'annulation de la nomination de 33 juges de cette institution, contestant leur impartialité dans cette crise. Ces deux recours ont été rejetés par le TSJ. Les analystes estiment que son action peut accentuer les divisions au sein du pouvoir chaviste, qui contrôle la quasi-totalité des institutions de ce pays en profonde crise économique.

/ATS
 

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