Le premier ministre grec échappe à un vote de défiance sur la Macédoine

Le parlement grec s'est retrouvé samedi au centre de la bataille politique déclenchée par l'accord ...
Le premier ministre grec échappe à un vote de défiance sur la Macédoine

Le premier ministre grec échappe à un vote de défiance sur la Macédoine

Photo: Keystone/AP/PETROS GIANNAKOURIS

Le parlement grec s'est retrouvé samedi au centre de la bataille politique déclenchée par l'accord entre Athènes et Skopje sur le nom de Macédoine. Le gouvernement Tsipras de gauche a finalement facilement survécu à une motion de censure destinée à bloquer l'accord.

Comme prévu, le gouvernement de M. Tsipras, qui dispose d'une majorité de 154 voix sur 300, est donc sorti indemne du vote qui a eu lieu en soirée après d'intenses débats. 'Sur les 280 députés présents, 153 ont voté contre la motion', a déclaré un porte-parole du parlement, Yiorgis Varemenos, à quelques heures de la signature prévue dimanche de l'accord entre Athènes et Skopje.

Le climat politique s'était tendu des deux côtés de la frontière après l'annonce mardi de l'accord. Salué par l'ONU, l'Union européenne et l'OTAN, il prévoit que l'actuelle 'Ex-République yougoslave de Macédoine' soit baptisée 'Macédoine du Nord'.

Manifestation

M. Tsipras a qualifié vendredi soir cet accord de 'victoire d'importance historique pour la Grèce', ajoutant: 'nous avons démontré que là où existe une volonté, un conflit vieux de plusieurs décennies peut être résolu de manière équilibrée'.

Des milliers de manifestants, dont certains brandissaient des portraits d'Alexandre le Grand, se sont rassemblés samedi devant le parlement à l'appel du 'Comité de lutte pour la grécité de la Macédoine'. 'Seuls les Grecs peuvent être nommés Macédoniens', a déclaré à l'agence étatique ANA le porte-parole des organisateurs Michalis Patsikas. La police a fait usage de grenades assourdissantes et de tirs de gaz lacrymogènes pour empêcher les protestataires d'accéder aux bâtiments.

Le lancement de leur mobilisation vendredi matin n'avait réuni que quelques centaines de personnes dont des députés du parti néonazi Aube Dorée. L'un d'eux, Constantin Barbaroussis, fait l'objet d'une procédure judiciaire pour avoir déclaré devant le parlement que l'armée devrait interpeller les plus hauts responsables de l'Etat, coupables à ses yeux de 'trahison'.

'Recul' ou 'patriotisme'?

A l'origine de la motion de censure contre le gouvernement Tsipras, le grand parti conservateur de la Nouvelle-Démocratie considère que le règlement constitue un 'recul national'. 'Nous ne diviserons pas les Grecs pour unir les (Macédoniens)', a lancé son chef, Kyriakos Mitsotakis devant le parlement. Devançant M. Tsipras dans les sondages, il entend selon les analystes capitaliser la colère des franges nationalistes de l'électorat.

M. Tsipras a, lui, salué une occasion d''éclaircir les responsabilités de chacun envers l'Histoire', défendant le caractère 'patriotique' de la solution trouvée. 'Laissez-moi vous rappeler que vous avez une dette envers votre patrie, pas envers votre dirigeant', a déclaré samedi le député conservateur Vassilis Kikilias à ses confrères pro-gouvernementaux. 'Les Grecs qui gisent morts sur le sol de Macédoine vous regardent avec colère'.

L'accord vise à sceller le renoncement des voisins aux visées que leur imputent les Grecs sur la province grecque de Macédoine, ainsi qu'à leur appropriation du legs de la Macédoine antique, incarnée par Alexandre le Grand. Cette querelle politico-historique restait irrésolue depuis l'indépendance en 1991 du petit Etat, bloquant son ancrage dans l'UE et l'OTAN, un verrou grec qui doit sauter.

Au pouvoir de 2004 à 2009, la ND avait alors acté la nécessité d'un compromis avec le partage du nom de 'Macédoine'. Mais pour elle, le gouvernement Tsipras a fait trop de concessions avec 'l'acceptation d'une langue et d'une nationalité macédoniennes', forgées de fait chez les voisins depuis un demi-siècle.

/ATS
 

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