Le bilan dépasse celui du Sras avec 717 morts en Chine

Le nouveau coronavirus a jusqu'à présent fait 717 morts en Chine où il est apparu en décembre ...
Le bilan dépasse celui du Sras avec 717 morts en Chine

Coronavirus: plus de 720 morts, premier mort non Chinois

Photo: KEYSTONE/AP/Firdia Lisnawati

L'épidémie du nouveau coronavirus, dont le bilan dépasse désormais les 720 morts, a fait sa première victime non chinoise. Hong Kong commençait par ailleurs samedi à imposer des mesures de quarantaine drastiques pour tenter d'endiguer la propagation de la maladie.

Un ressortissant américain de 60 ans porteur du virus est décédé jeudi dans un hôpital de Wuhan (centre de la Chine), à l'épicentre de l'actuelle crise sanitaire, selon l'ambassade des Etats-Unis. Le ministère chinois des Affaires étrangères a précisé que la victime était d'origine chinoise.

Un Japonais sexagénaire est également mort de pneumonie dans un hôpital de la ville, a indiqué le ministère japonais des Affaires étrangères, mais il a précisé qu'il était 'difficile' de dire si sa maladie était due au virus.

Le nouveau coronavirus a déjà contaminé plus de 34'500 personnes et tué 722 patients en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), soit 86 décès supplémentaires en 24 heures, le plus lourd bilan quotidien à ce jour, ont annoncé samedi les autorités sanitaires.

La propagation continue

L'épidémie continue de se propager dans le monde. Plus de 320 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires.

Cinq nouveaux cas (quatre adultes et un enfant, tous de nationalité britannique) ont été annoncés en France samedi, portant le total à 11 dans le pays. Aucun cas n'a pour l'instant été enregistré en Suisse.

Jusqu'à présent, seul deux décès liés au coronavirus ont été enregistrés hors de Chine continentale: un à Hong Kong et un aux Philippines. Il s'agissait de citoyens chinois.

Le bilan humain de l'épidémie s'approche désormais de celui du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), qui avait tué 774 personnes dans le monde en 2002-2003.

Mesure drastique à Hong Kong

Cette situation alarmante a poussé Hong Kong à imposer une mesure drastique: à partir de samedi, toute personne arrivant en provenance de Chine continentale devra s'isoler deux semaines chez elle, à l'hôtel ou dans tout autre hébergement. Les récalcitrants encourent six mois de prison.

En Chine, la métropole de Shanghai (est), peuplée de 24 millions de personnes, est devenue samedi la dernière municipalité en date à imposer le port du masque dans les lieux publics.

En visite cette semaine à Wuhan, la vice-Première ministre Sun Chunlan a ordonné aux autorités locales d'adopter des mesures de 'temps de guerre' pour rechercher les habitants atteints de fièvre en ratissant les quartiers.

'Il est clair que la Chine fournit un effort immense pour contenir la maladie et éviter sa propagation. Je pense que cet effort est remarquable', a estimé samedi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

De nombreux pays musclent leurs mesures restrictives à l'encontre des personnes en provenance de Chine, et déconseillent les voyages dans ce pays, la France étant la dernière en date samedi. La plupart des compagnies aériennes internationales ont interrompu leurs vols vers la Chine continentale.

Paquebots bloqués

Dans le même temps, des milliers de voyageurs et membres d'équipage restent consignés sur deux navires de croisière en Asie.

Au Japon, le nombre de personnes contaminées sur le paquebot Diamond Princess continue d'augmenter, grimpant samedi à 64 cas, dont une personne dans un état grave. Quelque 3700 personnes à bord, dont un couple suisse, demeurent cloîtrées dans leurs cabines, alors que les médicament commencent à manquer.

A Hong Kong, 3600 personnes subissent un sort similaire sur le World Dream, dont huit anciens passagers ont été testés positifs. Le Japon a interdit à un autre navire de croisière, où un passager est soupçonné d'être contaminé, d'accoster sur l'archipel.

Héros et martyr

En Chine, l'épidémie a pris un tour politique avec la mort vendredi du docteur Li Wenliang, ophtalmologue de Wuhan qui avait donné l'alerte fin décembre après l'apparition du virus avant de le contracter lui même.

D'abord accusé de propager des rumeurs et réprimandé par la police, il fait désormais figure de héros national et de martyr face à des responsables locaux accusés d'avoir caché les débuts de l'épidémie.

Dans des structures médicales débordées, les personnels soignants restent très vulnérables au virus: 40 employés d'un même hôpital universitaire de Wuhan ont été contaminés en janvier, selon une étude parue vendredi dans la revue médicale Jama.

/ATS