Le Covid-19 flambe au Brésil, qui franchit le cap des 300'000 morts

Les chiffres morbides de la pandémie de Covid-19 volent de record en record au Brésil. Le pays ...
Le Covid-19 flambe au Brésil, qui franchit le cap des 300'000 morts

Le Covid-19 flambe au Brésil, qui franchit le cap des 300'000 morts

Photo: KEYSTONE/AP/Andre Penner

Les chiffres morbides de la pandémie de Covid-19 volent de record en record au Brésil. Le pays a dépassé mercredi le seuil des 300'000 morts en un an d'une pandémie désormais hors de contrôle.

Le Brésil du président Jair Bolsonaro traverse le pire moment de la crise sanitaire. En accélération constante depuis la dernière semaine de février, la mortalité due au coronavirus va battre tous les records en mars depuis le début de la pandémie, il y a un an.

Selon les données du ministère de la santé, considérées comme sous-estimées par de nombreux scientifiques, 2009 nouveaux décès ont été enregistrés mercredi, ce qui porte le total des morts du covid-19 à 300'685.

Le Brésil est le deuxième pays le plus endeuillé au monde, derrière les Etats-Unis. Il a enregistré près de 90'000 cas supplémentaires de contamination en 24 heures. En un an, 12,2 millions de personnes ont été infectées dans le pays de 212 millions d'habitants.

La flambée actuelle de Covid-19 au Brésil suscite une inquiétude croissante chez ses voisins latino-américains mais aussi ailleurs dans le monde, en raison de la propagation du variant amazonien P1, qui serait plus contagieux et plus létal.

Les morts sont plus jeunes

Contrairement à la première vague de 2020, cette deuxième vague affecte gravement tout le pays en même temps. Elle tue aussi des patients plus jeunes. Dans quasiment tous les Etats, les services de soins intensifs des hôpitaux sont au bord du point de rupture et leurs personnels à la limite de l'épuisement.

La presse brésilienne a rapporté des situations dramatiques: corps entassés dans les couloirs d'hôpitaux débordés ou décès d'une centaine de personnes faute de lits en soins intensifs dans l'Etat de São Paulo. De même, les stocks d'oxygène comme de kits d'intubation ont atteint par endroits un niveau critique.

Confrontés à l'envolée de la mortalité et à l'absence d'une politique nationale de lutte contre le virus, de nombreux Etats et villes ont pris de mesures en ordre dispersé. Des couvre-feux ou des restrictions de l'activité comme la fermeture des bars et restaurants ont été décidés, comme à São Paulo et Rio de Janeiro, mais très tardivement pour les épidémiologistes.

Mercredi, le président Jair Bolsonaro a mis sur pied un comité de crise pour lutter contre le Covid-19, face aux critiques sur sa désinvolture vis-à-vis de la crise sanitaire.

Changeant de pied alors qu'il a jusqu'ici dénigré les confinements, la distanciation sociale et, récemment, jusqu'aux vaccins, Jair Bolsonaro a estimé que le Brésil devait 'sortir de cette situation compliquée [...] sans conflit, sans politisation'.

Mardi, le président avait promis aux Brésiliens qu'avec 500 millions de doses ils seraient tous vaccinés avant la fin de l'année. Mais deux mois après son lancement, la vaccination progresse lentement: seulement 3,7 millions de Brésiliens ont reçu deux doses en raison de problèmes logistiques et du manque de vaccins.

/ATS
 

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