La crise au Venezuela menace « la sécurité internationale »

Le Groupe de Lima, composé d'une douzaine de pays latino-américains et du Canada, a appelé ...
La crise au Venezuela menace « la sécurité internationale »

Le Groupe de Lima, composé d'une douzaine de pays latino-américains et du Canada, a appelé mardi la communauté internationale à faire 'un grand effort' pour organiser des élections au Venezuela. La crise de ce pays menace 'la sécurité' de la planète.

'Tandis qu'une dictature s'exerce au Venezuela, toutes nos démocraties se trouvent fragilisées d'une certaine manière. La situation que traverse le Venezuela menace la paix et la sécurité régionale et compromet également la sécurité internationale', a déclaré le chef de la diplomatie argentine Jorge Faurie en ouverture de la réunion à Buenos Aires.

'Un grand effort est nécessaire pour rétablir l'ordre démocratique au Venezuela à travers la convocation d'élections' dans ce pays, a-t-il ajouté.

Le Groupe de Lima a été créé en 2017 pour promouvoir une issue à la crise au Venezuela, qui dispose des plus grosses réserves de pétrole du monde. Il n'a pas reconnu le deuxième mandat du président socialiste Nicolas Maduro, entamé le 10 janvier.

Une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis et le Canada, ont reconnu l'opposant Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela et réclament le départ de Maduro.

Exode et pénuries

Le Venezuela traverse une profonde crise politique et économique. Plus de quatre millions de Vénézuéliens ont quitté le pays depuis 2015, selon l'ONU, fuyant les pénuries de produits de base et de médicaments, aggravées ces dernières semaines par des pannes d'électricité à répétition.

De son côté, le ministre péruvien des Affaires étrangères Néstor Popolizio a demandé 'un soutien urgent et concret en provenance de la coopération internationale (à destination des) pays d'accueil'.

Le Pérou, qui compte 768'100 Vénézuéliens, et la Colombie, 1,3 million, sont les pays de la région qui hébergent le plus grand nombre de migrants et réfugiés issus du pays pétrolier.

'Nous appelons encore et toujours à une solution pacifique à la crise (au Venezuela) qui soit impulsée par les propres Vénézuéliens, le plus vite possible. La crise s'aggrave et demande une solution urgente qui passe par des élections crédibles, transparentes, libres et justes', a ajouté Néstor Popolizio.

Feu vert à une intervention étrangère

Dans le pays même, l'Assemblée nationale vénézuélienne, contrôlée par l'opposition à Nicolas Maduro, a approuvé mardi la réintégration du Venezuela dans le Traité interaméricain d'assistance réciproque (Tiar). Cette décision permet de border légalement une éventuelle intervention militaire étrangère dans le pays en crise.

Le texte 'est approuvé à l'unanimité et promulgué', a déclaré le président du Parlement Juan Guaido à l'issue du vote de ses pairs, lors d'une séance organisée sur une place de Caracas, six mois jour pour jour après que l'opposant se fut auto-proclamé président par intérim.

Le vote doit permettre au Venezuela de réintégrer le Tiar, sept ans après que le défunt président Hugo Chavez ait décidé de l'en retirer. Le Tiar avait été ratifié par la plupart des Etats américains au début de la Guerre froide.

Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, n'écarte pas une intervention militaire étrangère pour déloger Nicolas Maduro du pouvoir. L'opposant le qualifie d''usurpateur' en raison de l'élection selon lui 'frauduleuse' remportée l'an dernier par le chef de l'Etat socialiste.

'Rien de magique'

Mais Juan Guaido a prévenu mardi que le Tiar 'n'a rien de magique. Ca n'est pas un bouton sur lequel on appuie et qui résout tout du jour au lendemain'. 'Nous allons devoir construire le soutien des autres pays de la région pour mettre en place ce mécanisme et l'approbation finale reviendra à l'OEA', l'Organisation des Etats américains, déclarait-il récemment.

Le vote positif des députés ne signifie pas un retour automatique du Venezuela dans le Tiar. Les décisions qu'ils prennent sont toutes considérées nulles par la Cour suprême depuis trois ans. Dans la pratique, l'Assemblée nationale est supplantée par une Constituante composée uniquement de fidèles de Nicolas Maduro.

Le Tiar, dont la Bolivie, l'Equateur et le Nicaragua se sont aussi retirés, est vilipendé comme un outil de l'influence des Etats-Unis en Amérique latine.

Lors de leur retrait en 2012, ces pays avaient jugé que le traité avait montré ses limites lors du conflit des Malouines en 1982 entre l'Argentine et la Grande-Bretagne. Les Etats-Unis avaient alors conservé une position de neutralité.

/ATS