La Pologne s'invite à la conférence annuelle d'Angela Merkel

La chancelière allemande Angela Merkel a jugé mardi ne pas 'pouvoir se taire' face aux atteintes ...
La Pologne s'invite à la conférence annuelle d'Angela Merkel

La Pologne s'invite à la conférence annuelle d'Angela Merkel

Photo: Keystone

La chancelière allemande Angela Merkel a jugé mardi ne pas 'pouvoir se taire' face aux atteintes à l'Etat de droit en Pologne. Elle faisait référence à une réforme judiciaire controversée dont la Commission européenne a réclamé une révision.

'L'Etat de droit en Pologne est un sujet sérieux. Les principes de l'Etat de droit sont le fondement de la coopération de l'Union européenne. Et ce que dit la Commission européenne à ce sujet, je le prends très au sérieux', a-t-elle dit à l'occasion de sa grande conférence de presse annuelle.

'Quel que soit notre souhait d'avoir de bonnes relations, de bons rapports avec la Pologne, notre voisin (...) nous ne pouvons pas tout simplement nous taire, ne rien dire juste pour avoir la paix', a ajouté Mme Merkel.

Menaces de la Commission

La Commission a menacé de déclencher l'article 7 du traité de l'UE si la Pologne maintenait ses réformes en l'état. Cette procédure inédite peut aboutir à une suspension des droits de vote d'un pays au sein du Conseil de l'Union, l'instance regroupant les 28 Etats membres.

Le 26 juillet, l'exécutif européen avait donné un mois à Varsovie pour mettre fin à la 'menace systémique' pesant sur l'Etat de droit dans le pays et 'l'informer des mesures prises' pour modifier une série de réformes ébranlant selon lui l'indépendance de la justice. Varsovie a contesté ces préoccupations.

La Commission a dans son collimateur plusieurs textes, dont ceux réformant la Cour suprême et le Conseil national de la magistrature. Le veto présidentiel inattendu opposé à ces deux réformes par le président polonais Andrzej Duda n'a pas suffi à la rassurer.

Bruxelles a par ailleurs lancé le 29 juillet une procédure d'infraction, plus classique, à l'encontre d'un troisième texte modifiant l'organisation des juridictions de droit commun.

Varsovie en conflit avec Berlin

Les relations entre Varsovie et l'UE se sont tendues depuis le retour au pouvoir des conservateurs nationalistes du PiS. Cette année, la Pologne a notamment très mal vécu la reconduction du Polonais Donald Tusk, contre l'avis de son propre pays, à la présidence de l'Union européenne. Cette décision a été vécue comme un 'diktat de Berlin'.

Le chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski a aussi accusé l'Allemagne de rejeter sa responsabilité pour la 2e guerre mondiale. Il a annoncé une loi pour réclamer des réparations à Berlin.

En mars, le gouvernement polonais a en outre accusé Berlin 'd'ingérence' dans ses affaires intérieures via le groupe de presse privé germano-helvétique Ringier Axel Springer.

Macron 'arrongant'

Varsovie est aussi en conflit avec Paris, Berlin et Vienne qui veulent un durcissement de la directive européenne sur le travail détaché. Celui-ci permet aux entreprises des pays à coût moindre d'envoyer temporairement des travailleurs dans les pays riches, au risque de favoriser le dumping social.

La Première ministre Beata Szydlo a ainsi jugé 'arrogantes' la semaine dernière les déclarations du président français Emmanuel Macron qui qualifiait de 'nouvelle erreur' le refus polonais de revoir la directive.

/ATS
 

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