La Birmanie estime les enquêteurs à l'ONU partiaux

La Birmanie estime que les enquêteurs indépendants de l'ONU sont partiaux et contribuent à ...
La Birmanie estime les enquêteurs à l'ONU partiaux

La Birmanie estime les enquêteurs à l'ONU partiaux

Photo: KEYSTONE/EPA/MONIRUL ALAM

La Birmanie estime que les enquêteurs indépendants de l'ONU sont partiaux et contribuent à 'diviser' le pays. Dans la version longue de leur rapport publiée mardi à Genève, ceux-ci demandent à ce que l'armée birmane soit exclue de la vie politique.

'Plutôt que d'encourager l'intégration, ce rapport semble encourager la désunion de cette nation', a affirmé devant le Conseil des droits de l'homme le nouvel ambassadeur birman auprès de l'ONU à Genève Kyaw Moe Tun. Il accuse les enquêteurs de saper les efforts du gouvernement pour une paix sur le long terme.

Pour autant, l'ambassadeur affirme prendre 'très au sérieux' les allégations de violations des droits de l'homme contre les Rohingyas dont 700'000 ont fui les violences vers le Bangladesh en un an. Mais il dénonce une approche 'unilatérale' alors que la sécurisation de l'Etat de Rakhine fait selon lui partie de l'établissement de la paix.

Dans leur rapport publié il y a trois semaines puis dans la version longue présentée mardi, les trois enquêteurs estiment qu'une intention génocidaire dans les actes des forces de sécurité birmanes contre les Rohingyas peut être établie. Ils recommandent des poursuites pour ces chefs contre six hauts responsables de l'armée birmane, dont un était venu en visite officielle en Suisse en 2017.

Au moins 10'000 victimes

Dans la version longue, les enquêteurs demandent également que ces forces militaires, qui conservent un rôle important dans l'Etat, soient exclues de la vie politique. Les sièges réservés aux militaires au parlement doivent être abolis. La démocratisation en Birmanie 'a à peine démarré et elle est désormais à l'arrêt', a affirmé devant le Conseil le président de la Mission d'établissement des faits Marzuki Darusman.

De son côté, la Suisse a à nouveau condamné les actes de l'armée birmane. Elle souhaite le renouvellement et l'extension de la Mission.

Dans son rapport long de plus de 450 pages, la Mission cible aussi avec davantage de détails le rôle de l'ONU depuis 2011 en Birmanie. Elle réitère aussi sa volonté d'enquêter sur ce rôle. Elle déplore que le représentant des Nations Unies, après les violences d'août 2017, n'ait condamné que les attaques menées par les rebelles et non les actes de l'armée. Ceux qui ont tenté ces dernières années d'aborder les droits de l'homme ont été 'bloqués', selon elle.

Les violences en un an ont fait au moins 10'000 victimes. La Mission souhaite que la Birmanie identifie les personnes tuées ou portées disparues. Celle-ci est appelée à collaborer avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Bangladesh.

/ATS
 

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