Scènes de « guerre » au Venezuela, qui vote pour la Constituante

La violence a fait irruption dimanche au Venezuela, jour de l'élection de l'Assemblée constituante ...
Scènes de « guerre » au Venezuela, qui vote pour la Constituante

Scènes de

Photo: Keystone

La violence a fait irruption dimanche au Venezuela, jour de l'élection de l'Assemblée constituante rejetée par les adversaires du président Nicolas Maduro: un candidat et un dirigeant de l'opposition ont été tués, alors que des scènes de 'guerre' secouaient Caracas.

'Des Vénézuéliens contre des Vénézuéliens... Ca, c'est une guerre!', a déclaré Conchita Ramirez, une habitante d'un quartier de la capitale après l'intervention musclée des forces de l'ordre.

Un peu plus loin, au passage d'un groupe de motards de la police une forte détonation retentit, montre une vidéo de l'AFP. Au moins, quatre policiers sont blessés. Des scènes similaires ont eu lieu à Maracaibo (ouest), la deuxième ville du pays. En tout, sept personnes sont décédées depuis samedi, selon le Parquet.

Candidat abattu

Un candidat à la constituante a été abattu chez lui dans la nuit de samedi à dimanche à Ciudad Bolivar (sud-est), José Felix Pineda, un avocat de 39 ans. Et un dirigeant de l'opposition, Ricardo Campos, 30 ans, a été tué par balle durant une manifestation dans l'Etat de Sucre (nord-est).

Un militaire a également été abattu par balle pendant une manifestation' dans l'Etat de Tachira (ouest) frontalier avec la Colombie.

En outre, trois manifestants de 28, 39 et 43 ans sont morts dans les Etats de Mérida (ouest) et Barquisimeto (ouest), et un autre était décédé samedi au cours d'une protestation dans l'Etat de Merida (ouest).

Pays au bord du gouffre

Rassemblements, barricades, homicides: ce vote se déroule alors que le pays est au bord de l'effondrement économique. Depuis le mois d'avril, des manifestations antigouvernementales ont fait plus de 110 morts ainsi que des milliers de blessés.

Le scrutin pour désigner les 545 membres de l'Assemblée constituante a débuté dimanche à 06h00 locales (12h00 heure suisse). Le président socialiste Nicolas Maduro a été le premier à voter dans l'ouest de Caracas.

'Je demande aujourd'hui la bénédiction de Dieu pour que le peuple puisse exercer librement son droit de vote démocratique', a déclaré le chef de l'Etat. Selon lui, 'l'empereur Donald Trump a voulu empêcher le peuple d'exercer le droit de vote'.

Boycott de l'opposition

L'opposition, qui boycotte tout le processus et n'a donc présenté aucun candidat, a appelé à dresser des barricades dans tout le pays bien que le gouvernement ait menacé de cinq à dix ans de prison ceux qui feraient obstacle au scrutin.

Les antichavistes détiennent la majorité au Parlement et voient dans cette Constituante un moyen pour le président Maduro de se cramponner au pouvoir, contourner l'Assemblée nationale élue et éviter la présidentielle prévue fin 2018.

Le gouvernement assure de son côté que cette future assemblée, dont la durée du mandat n'est pas définie, sera un 'super pouvoir' qui aura la capacité de dissoudre le Parlement, qu'elle apportera la paix et permettra au pays de se redresser économiquement.

72% des Vénézuéliens contre

Nicolas Maduro a le soutien des pouvoirs judiciaire et militaire. Mais plus de 80% des Vénézuéliens désapprouvent sa gestion du pays et 72% son projet de Constituante, selon l'institut de sondages Datanalisis.

La participation à l'élection de dimanche sera une donnée-clef. Selon l'analyste Benigno Alarcon, le gouvernement cherche à éviter une forte abstention, sachant que 7,6 millions de personnes ont voté lors d'un référendum symbolique organisé par l'opposition il y a deux semaines contre le projet, selon la MUD.

Mais grâce au mode de scrutin, combinant vote territorial et par secteurs socio-professionnels, 62% des 19,8 millions d'électeurs pourront se prononcer deux fois, ce qui soulève des interrogations sur la validité du résultat, souligne un analyste, Eugenio Martinez.

/ATS
 

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