L'opposant Guaido révoqué de son poste de président du parlement

Le président du parlement vénézuélien Juan Guaido, également chef de file de l'opposition, ...
L'opposant Guaido révoqué de son poste de président du parlement

Le Groupe de contact condamne la sanction visant Juan Guaido

Photo: KEYSTONE/AP/BORIS VERGARA

Les pays latino-américains et européens du Groupe de contact international (GCI) sur le Venezuela, réunis jeudi à Quito, ont condamné la sanction visant le chef de file de l'opposition Juan Guaido. Un organisme proche du régime vient de le déclarer inéligible.

A Caracas, le Contrôleur général de la République, Elvis Amoroso, chargé de veiller à la transparence de l'administration au Venezuela, a décidé jeudi à la mi-journée 'd'interdire l'exercice de toute fonction élective au citoyen (Juan Guaido) pour la durée maximum prévue par la loi', soit 15 ans, pour corruption présumée, a-t-il déclaré à la télévision d'Etat.

Selon M. Amoroso, jugé proche du pouvoir en place, l'opposant n'a pas justifié, dans ses déclarations de patrimoine, certaines dépenses réalisées au Venezuela et à l'étranger avec des fonds provenant d'autres pays. Cet organisme avait annoncé le 11 février l'ouverture d'une enquête visant l'opposant.

Il a demandé au parquet d''exercer les actions correspondantes', sans plus de précision. L'ancien candidat à la présidentielle de 2013 Henrique Capriles avait été sanctionné de la même façon et déclaré inéligible, ce qui l'avait empêché de se présenter par la suite en 2018.

Sanction rejetée

M. Guaido a aussitôt rejeté la sanction. 'Il n'est pas contrôleur. Il ne l'est pas (...) et il n'existe pas de sanction d'inéligibilité (...) Le Parlement légitime est le seul ayant le pouvoir de désigner un contrôleur', a-t-il déclaré, rappelant qu'Elvis Amoroso avait été nommé à ce poste par l'Assemblée constituante, acquise au pouvoir et qui remplace dans les faits le parlement.

Selon Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne, cette 'décision politique démontre à nouveau l'urgence du rétablissement de la démocratie, la séparation des pouvoirs et de l'Etat de droit'. Le GCI qui condamne cette décision appelle à trouver une 'solution pacifique et démocratique à la crise au Venezuela', selon la déclaration lue à l'issue de la réunion.

'Faciliter une solution'

La rencontre du CGI avait 'pour objectif central de rechercher, à travers le travail conjoint de différents pays de notre région et de l'Europe, le moyen de faciliter une solution, espérons-le, rapide à la crise au Venezuela', avait déclaré le ministre équatorien des Affaires étrangères, José Valencia, à la presse.

Mercredi, des réunions techniques se sont tenues dans la capitale équatorienne pour faire le bilan des missions envoyées au Venezuela pour 'prendre contact avec les différentes parties en conflit', a précisé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le GCI a été lancé le 7 février à Montevideo par l'Union européenne. Ses membres - huit pays européens (Allemagne, Espagne, France, Pays-Bas, Italie, Portugal, Royaume Uni et Suède) et quatre pays latino-américains (Bolivie, Costa Rica, Equateur et Uruguay) - s'étaient fixé un premier délai de trois mois pour appuyer l'organisation d'une élection présidentielle anticipée et une sortie pacifique à la crise politique qui secoue le pays sud-américain depuis des mois.

Troupes russes

Plus d'une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis ont reconnu le chef du Parlement, Juan Guaido, comme président par intérim du Venezuela, estimant illégitime le deuxième mandat du président Nicolas Maduro après des élections considérées comme frauduleuses. Ce dernier, qui dénonce une tentative de coup d'Etat orchestrée par l'opposition avec le soutien de Washington, est soutenu par la Russie et la Chine.

Cette réunion se déroule alors que la présence de troupes russes sur le sol vénézuélien a fait monter d'un cran la tension politique et suscité une nouvelle passe d'armes entre Moscou et Washington qui réclame le départ de ces militaires. La Russie a averti jeudi que ses soldats resteraient 'aussi longtemps que nécessaire', assurant 'ne menacer personne'.

Par ailleurs, la compagnie aérienne American Airlines a suspendu indéfiniment ses vols vers et en provenance du Venezuela jeudi après avoir imposé une suspension temporaire similaire à la mi-mars. Elle invoque les risques pour la sécurité que fait peser la crise institutionnelle dans le pays. Avant cette suspension, American Airlines assurait habituellement trois vols quotidiens depuis Miami vers le Venezuela, dont deux à destination de Caracas.

/ATS
 

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