L'armée soudanaise déploie des troupes devant son QG à Khartoum

L'armée soudanaise a déployé lundi des troupes autour de son quartier général à Khartoum, devant ...
L'armée soudanaise déploie des troupes devant son QG à Khartoum

L'armée soudanaise déploie des troupes devant son QG à Khartoum

Photo: KEYSTONE/EPA/STRINGER

Les milliers de Soudanais réunis pour la 3e journée consécutive devant le quartier général de l'armée à Khartoum ont appelé à l'ouverture de négociations avec les militaires. Ils souhaitent former un gouvernement de transition pour remplacer Omar el-Béchir.

Samedi, lors d'une manifestation similaire devant le QG de l'armée, sept personnes ont été tuées et près de 2500 arrêtées, a indiqué lundi le ministre de l'Intérieur Bushara Juma. Rassemblés à nouveau lundi devant le complexe abritant le siège de l'armée et le ministère de la Défense des milliers de manifestants ont voulu convaincre les soldats de soutenir leur mouvement contre le gouvernement et le président soudanais Omar el-Béchir.

'Nous appelons les Forces armées soudanaises à engager un dialogue direct avec l'Alliance pour le changement et la liberté afin de faciliter un processus pacifique débouchant sur la formation d'un gouvernement de transition', a dit un dirigeant du groupe à la tête de la contestation, Omar el-Digeir.

'Nous réitérons la demande du peuple de démission immédiate du chef du régime et de son gouvernement', a déclaré M. Digeir devant les manifestants.

Gaz lacrymogènes

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes afin de disperser les manifestants, en vain. La mort de sept personnes samedi porte à 38 le nombre de contestataires tués depuis le début de la contestation selon les autorités. Quinze personnes et 42 membres des forces de sécurité ont également été blessés samedi, selon M. Juma.

L'armée a déployé lundi des troupes autour de son QG et installé des barricades dans plusieurs rues à proximité, d'après des témoins.

Depuis le début du mouvement, l'armée n'a pas participé à la répression des manifestations, menée par le puissant service de renseignement (NISS) et par les forces de police anti-émeute.

Les organisateurs de la contestation ont formé un conseil pour lancer les négociations avec les forces de sécurité et la communauté internationale, afin de transférer le pouvoir à un 'gouvernement de transition, fidèle aux voeux de la révolution', a-t-il déclaré.

Tirs en l'air

Lundi matin, des véhicules transportant des membres du NISS et de la police anti-émeute ont pris position près du siège de l'armée. Ces forces ont tenté à plusieurs reprises de disperser les personnes rassemblées pour protester, selon des témoins. Selon des militants sur place, l'armée a tiré en l'air à balles réelles, une information non confirmée dans l'immédiat.

Lors de précédents rassemblements, les protestataires avaient tenté à plusieurs reprises de marcher vers des lieux symboliques du pouvoir avant de rebrousser chemin, dispersés par les gaz lacrymogènes tirés par les forces de sécurité. Déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, les manifestations se sont rapidement transformées en contestation contre M. Béchir, à la tête du pays depuis un coup d'Etat en 1989.

Le Soudan est amputé des trois quarts de ses réserves de pétrole depuis l'indépendance du Soudan du Sud en 2011. Le pays est confronté à une inflation de près de 70% par an et fait face à un grave déficit en devises étrangères.

/ATS
 

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