L'OMS cherche l'animal intermédiaire, l'Angleterre se déconfine

Le rapport sur les origines du Covid réclame de nouvelles études en Chine et ailleurs pour ...
L'OMS cherche l'animal intermédiaire, l'Angleterre se déconfine

L'OMS cherche l'animal intermédiaire, l'Angleterre se déconfine

Photo: KEYSTONE/EPA/ROMAN PILIPEY

Le rapport sur les origines du Covid réclame de nouvelles études en Chine et ailleurs pour trouver l'animal intermédiaire ayant transmis le virus à l'être humain. L'Anglerre poursuit pour sa part son déconfinement, alors que l'épidémie progresse ailleurs en Europe.

Très attendu, le rapport de l'équipe internationale d'experts chinois et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont les conclusions n'ont pas créé la surprise, intervient quinze mois après l'apparition des premiers cas de Covid-19 fin décembre 2019 dans l'agglomération chinoise de Wuhan.

La pandémie a fait depuis au moins 2,78 millions de morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP lundi, et ravagé l'économie mondiale.

'Toutes les hypothèses sur la table'

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé lundi que toutes les hypothèses avancées dans ce rapport sur les origines du Covid-19 méritaient d'être étudiées plus avant.

'Toutes les hypothèses sont sur la table et méritent des études supplémentaires et plus complètes de ce que j'ai vu pour le moment', a-t-il dit à Genève lors d'un point de presse conjoint avec le ministre allemand de la coopération, Gerd Müller, précisant que le document serait publié mardi.

L'Angleterre déconfine

Alors que la croissance des cas, dopée par les variants du virus, continue sa progression malgré la course à la vaccination, les pays alternent les phases de confinement et déconfinement.

L'Angleterre, très endeuillée par la pandémie, a entamé lundi la deuxième phase de son très progressif plan de déconfinement, autorisant rencontres et sports en extérieur uniquement, tout en appelant à la vigilance face à certains variants auxquels elle a pour l'instant échappé.

Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo ont, eux, dévoilé des mesures sanitaires censées permettre la tenue en fin de semaine des premières épreuves 'tests' - assimilable à une répétition générale - depuis le report des JO à l'été 2021 (23 juillet-8 août).

Animal intermédiaire 'très probable'

Dix-sept experts chinois et 17 experts internationaux ont participé à la mission à Wuhan, du 14 janvier au 10 février, soit environ un an après le signalement des premiers cas fin décembre 2019, selon le rapport dont l'AFP a obtenu une copie lundi.

Les scientifiques estiment d'ailleurs que les premiers cas sont apparus avant, sans doute entre mi-novembre et début décembre, et affirment qu'aucune conclusion ferme ne peut être tirée sur le rôle du marché de Huanan, ni sur la façon dont le virus s'y est introduit.

Membre de la mission, la virologue néerlandaise Marion Koopmans a affirmé lundi dans un tweet que le rapport est 'un bon début'. S'il ne résoud pas le mystère des origines du SARS-CoV-2, il souligne la nécessité de réaliser d'autres études en Chine et ailleurs, jugeant la transmission à l'être humain du virus par un animal intermédiaire 'probable à très probable', tandis que l'hypothèse d'un incident de laboratoire reste 'extrêmement improbable'.

Complaisance envers la Chine

Cela confirme les premières conclusions des experts présentées lors d'une conférence de presse le 9 février à Wuhan. Mais le document ne manquera pas de faire rejaillir les accusations de complaisance de l'OMS à l'égard de la Chine, certains estimant notamment que les experts internationaux ont manqué de latitude pour travailler librement lors de leur séjour dans la ville chinoise.

Leur mission, jugée extrêmement importante pour tenter de mieux lutter contre une possible prochaine épidémie, a eu du mal à se mettre en place, la Chine semblant très réticente à laisser venir ces spécialistes mondiaux de diverses disciplines comme l'épidémiologie mais aussi la zoologie.

Accident de laboratoire exclu

Le rapport privilégie la théorie généralement admise de la transmission naturelle du virus d'un animal réservoir - probablement la chauve-souris - à l'être humain, par l'intermédiaire d'un autre animal qui n'a pas encore été identifié.

Les experts n'écartent par ailleurs pas l'hypothèse d'une transmission par de la viande surgelée - piste privilégiée par Pékin - jugeant que ce scénario est 'possible'.

Le rapport recommande de poursuivre des études sur la base de ces hypothèses, mais il balaie en revanche la possibilité que le virus ait été transmis à l'être humain en raison d'un accident de laboratoire, la jugeant 'extrêmement improbable'.

L'administration de l'ex-président des Etats-Unis Donald Trump avait accusé l'Institut de virologie de Wuhan, qui mène des recherches sur des pathogènes très dangereux, d'avoir laissé s'échapper le coronavirus, volontairement ou non.

Enquêter dans plus de pays

Le document indique par ailleurs que les études de la chaîne d'approvisionnement du marché de Huanan (et d'autres marchés de Wuhan) n'ont pas permis de trouver 'des éléments de preuves de la présence d'animaux infectés. Mais l'analyse des chaînes d'approvisionnement a fourni des informations' utiles pour des études de suivi ciblées, notamment dans des régions voisines.

Les experts appellent également à 'ne pas négliger les produits d'origine animale provenant de régions situées en dehors de l'Asie du sud-est'. Et de conclure: 'Les enquêtes doivent être conçues (...) dans des zones plus vastes et dans un plus grand nombre de pays'.

/ATS