Kosovo et Serbie reprennent un dialogue compliqué

La Serbie et le Kosovo ont repris jeudi à Bruxelles leur dialogue après des mois d'interruption ...
Kosovo et Serbie reprennent un dialogue compliqué

Kosovo et Serbie reprennent difficilement le dialogue

Photo: KEYSTONE/AP/Yves Herman

La Serbie et le Kosovo ont repris difficilement le dialogue jeudi à Bruxelles après des mois d'interruption et de crises répétées. Le chemin vers une normalisation de leurs relations est jonché d'obstacles.

L'espoir d'un dialogue constructif émis par le chef de la diplomatie européenne, l'Espagnol Josep Borrell, facilitateur de cette réunion entre les frères ennemis, semble ne pas s'être encore concrétisé. Une nouvelle réunion est prévue en septembre, a annoncé son représentant pour la région, le Slovaque Miroslav Lajcak, à l'issue de la rencontre.

Les discussions ont porté sur le sort des personnes disparues, les déplacés et les conditions de vies pour les personnes rentrées au Kosovo, points importants pour la réconciliation, a-t-il expliqué. 'Les discussions vont se poursuivre au niveau des experts à Bruxelles la semaine prochaine', a-t-il précisé.

Différences 'trop grandes'

'Nous discutons. Il y a des progrès', a assuré le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti. 'L'objectif est la reconnaissance mutuelle et la normalisation des relations avec la Serbie', a-t-il insisté. Mais la présentation des résultats de la réunion par le président serbe Aleksandar Vucic était loin d'être conciliante.

'Nous devons essayer d'être justes, et vraiment essayer de résoudre certains des problèmes, parce que nous devrons vivre à côté et avec les Albanais pendant les 100, 200, 300 prochaines années, et nous devons résoudre cela (les problèmes) de manière rationnelle et réaliste. Plus tôt nous les résoudrons, mieux ce sera', a-t-il déclaré.

'Mais il est évident que les différences sont trop grandes en ce moment, concernant toutes les questions importantes et stratégiques', a-t-il affirmé. 'Est-il agréable de s'asseoir à l'autre bout de la table face à Hoti et d'écouter son charabia, en disant qu'ils sont les seules victimes et que nous sommes les seuls méchants ? Non', a lancé le président serbe.

'Je pense qu'il (Hoti) a mentionné 'deux pays' à 20 reprises, mais j'ai toujours essayé de leur dire que l'un est le pays est que l'autre est une province autonome', a-t-il ajouté. Vieux de plus de deux décennies, insoluble depuis la dernière des guerres ayant déchiré l'ex-Yougoslavie (1998-99), le conflit entre serbes et kosovars reste un danger pour la stabilité du Vieux Continent.

Indépendance, cause de divisions

Belgrade ne reconnaît pas l'indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province méridionale, majoritairement peuplée d'Albanais. Des accords de normalisation conclus en 2013 sont restés pour la plupart lettre morte.

Le Kosovo est reconnu comme Etat indépendant par la plupart des Occidentaux, mais cinq des 27 membres de l'UE (Espagne, Roumanie, Grèce, Chypre et Slovaquie) refusent cette reconnaissance et ni la Russie ni la Chine ne l'ont acceptée, ce qui ferme de facto les portes de l'ONU à ce territoire de 2 millions d'habitants. Côté serbe, le dossier est un obstacle dans son processus d'adhésion à l'UE.

La rencontre de Bruxelles est la première rencontre officielle depuis le printemps 2019 et l'échec d'un sommet à Berlin entre Aleksandar Vucic et son homologue kosovar Hashim Thaçi. Personnage central de la politique kosovare depuis l'indépendance, ce dernier est hors-jeu en raison des accusations de crimes de guerre le visant.

La guerre du Kosovo a fait plus de 13'000 morts, des Albanais pour la plupart. Elle s'est terminée quand une campagne occidentale de bombardements a contraint les forces serbes à se retirer.

/ATS
 

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