« Grève générale » et manifestation à Barcelone après des violences

Grève générale et manifestation massive: après une nouvelle nuit de barricades, les indépendantistes ...
« Grève générale » et manifestation à Barcelone après des violences

Un demi-million de manifestants indépendantistes à Barcelone

Photo: KEYSTONE/EPA EFE/ALEJANDRO GARCIA

Après plusieurs nuits de violences, plus d'un demi-million d'indépendantistes catalans ont manifesté dans les rues de Barcelone vendredi, jour de grève générale. Ils s'insurgent contre la condamnation de leurs dirigeants par la justice espagnole.

Théâtre la veille de nouveaux heurts entre manifestants et policiers, l'avenue du Paseo de Gracia était noyée sous une marée humaine jaune, rouge et bleu, les couleurs du drapeau indépendantiste. Selon la police municipale, 525'000 personnes ont participé à cette manifestation dans une ambiance festive.

Au même moment, des échauffourées opposaient militants radicaux mettant le feu à des poubelles aux policiers près du commissariat central de la ville.

Avec pour mot d'ordre 'Liberté', des colonnes de dizaines de milliers de séparatistes, parties mercredi de cinq villes de la région, ont convergé dans la métropole pour cette manifestation monstre.

'Sentence démesurée'

'Cela fait des années que nous revendiquons (l'indépendance) avec beaucoup de patience. Nous espérons que (cette mobilisation) sera le détonateur pour que la situation change', a déclaré David Blanco, un agent commercial de 56 ans.

Non indépendantiste, Josue Condez, 34 ans et drapé dans un drapeau espagnol, a aussi tenu à s'associer à la mobilisation contre 'une sentence démesurée' de la Cour suprême qui a infligé des peines de neuf à 13 ans de prison à neuf dirigeants indépendantistes pour la tentative de sécession de 2017, soit 'plus que pour homicide'.

Grève générale

Au cinquième jour d'actions de protestation contre cette sentence, les indépendantistes ont aussi organisé une grève générale dont les effets étaient manifestes dans cette riche région pesant un cinquième du PIB espagnol.

A Barcelone, la basilique de la Sagrada Familia a dû fermer ses portes tandis que l'opéra du Liceu a annulé sa représentation. De nombreux commerces étaient fermés. Selon les autorités, 57 vols ont été annulés à l'aéroport, tandis que plusieurs routes ont été coupées.

Le constructeur automobile Seat avait mis à l'arrêt son usine de Martorell près de Barcelone qui emploie plus de 6500 personnes. Les troubles en Catalogne ont aussi entraîné le report par la fédération de football du 'Clasico' du 26 octobre entre Barça et Real Madrid.

Nuit de violences

Cette journée de mobilisation a été précédée par une nouvelle nuit de violences à Barcelone. Des centaines de jeunes ont érigé jeudi soir des barricades enflammées et jeté des cocktails molotov sur les forces de l'ordre qui ont répliqué en tirant des balles en mousse.

Nées de la frustration d'une partie de la base indépendantiste, deux ans après l'échec de la tentative de sécession de 2017, ces violences ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste qui s'est toujours targué d'être non-violent.

Gouvernement sous pression

A moins d'un mois des quatrièmes élections législatives en quatre ans en Espagne, ces troubles ont mis le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez sous pression de la droite, qui réclame des mesures exceptionnelles pour rétablir l'ordre.

De Bruxelles, M. Sanchez a répondu que l'Etat ne pouvait 'pas se laisser entraîner à une réaction excessive', tout en assurant qu'il n'y aurait 'aucune impunité'.

En Catalogne, la question de l'indépendance divise la population en deux. D'après un sondage rendu public en juillet par le gouvernement régional, 44% de la population y est favorable et 48,3% opposée.

Puigdemont devant un juge

L'ex-président catalan Carles Puigdemont s'est dans ce contexte présenté volontairement aux autorités belges pour se voir signifier le mandat d'arrêt européen émis contre lui à Madrid. Un juge bruxellois a décidé de le maintenir en liberté à condition notamment qu'il ne quitte pas le pays et reste joignable.

Le responsable indépendantiste a expliqué 'ne pas consentir à sa remise aux autorités espagnoles', selon le parquet. Depuis que M. Puigdemont s'est réfugié en Belgique, fin octobre 2017 après la sécession avortée de la Catalogne, c'est la troisième fois que l'Espagne émet un mandat d'arrêt européen pour obtenir qu'il lui soit remis.

/ATS