« Gilets jaunes »: Macron rejette « la démocratie de l'émeute »

Emmanuel Macron s'est élevé mardi contre 'la démocratie de l'émeute', en opposant les 'samedis ...
« Gilets jaunes »: Macron rejette « la démocratie de l'émeute »

Photo: KEYSTONE/EPA/YOAN VALAT

Emmanuel Macron s'est élevé mardi contre 'la démocratie de l'émeute', en opposant les 'samedis de violence' au grand débat. Une petite majorité des Français souhaite désormais que le mouvement des 'gilets jaunes' s'arrête.

'Il faut maintenant dire que lorsqu'on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire', a jugé le chef de l'Etat lors d'un débat avec les élus du Grand Est à l'Elysée. Pour lui, il s'agit d'être 'clair' après 15 samedis de suite de manifestations des 'gilets jaunes', qui ont parfois dégénéré en heurts avec les forces de l'ordre. 'Il n'y a pas toujours eu cette clarté', a-t-il regretté.

Le chef de l'Etat répondait à une interpellation du président de la région Grand Est, Jean Rottner (LR), qui a appelé l'Etat à une plus grande fermeté pour 'arrêter ce climat d'émeute hebdomadaire'.

'Nous ne pouvons, de manière raisonnable, pas interdire les manifestations', lui a répondu Emmanuel Macron, en citant notamment le droit constitutionnel à descendre dans la rue. Insistant sur 'la grande difficulté' du maintien de l'ordre, il a salué 'le travail remarquable' des policiers et gendarmes mobilisés, car 'c'est un miracle qu'après autant de samedis avec cette violence, il n'y ait eu aucun mort à déplorer de la part des forces de l'ordre'.

Grand débat

Les 'gilets jaunes' pointent du doigt les blessures provoquées par les forces de l'ordre et les armes controversées qu'elles utilisent. Le 3 décembre à Marseille, une femme de 80 ans était morte après avoir été blessée au visage par des éléments d'une grenade lacrymogène, qui l'avaient heurtée alors qu'elle fermait ses volets. Selon le parquet, le 'choc facial' subi du fait du projectile n'avait pas été à l'origine de son décès.

Emmanuel Macron a insisté sur le fait qu'avaient été 'pleinement reconnus' la 'vitalité, la force, le caractère incontestable de la demande légitime de millions de Français qui ont pu participer ou être sympathisants' des 'gilets jaunes'. Il a évoqué le grand débat qu'il a lancé le 15 janvier et qui doit se poursuivre jusqu'au 15 mars.

Selon plusieurs sondages successifs, une majorité de Français souhaite désormais l'arrêt du mouvement des 'gilets jaunes': 56% le 13 février pour Elabe, 52% le 17 février pour Ifop, et enfin 55% selon Odoxa lundi. Le 7 février, ils étaient encore une courte majorité (52%) à souhaiter la poursuite du mouvement pendant le grand débat selon une étude YouGov, déjà bien loin des quelque 70% de soutien enregistrés en novembre 2018.

/ATS
 

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