Gilets jaunes: Bachelet demande des investigations en France

L'ONU est inquiète de la répression des protestations, du Venezuela au Zimbabwe en passant ...
Gilets jaunes: Bachelet demande des investigations en France

Gilets jaunes: Bachelet demande des investigations en France

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

L'ONU est inquiète de la répression des protestations, du Venezuela au Zimbabwe en passant par la France. La Haute commissaire aux droits de l'homme a appelé mercredi à Genève à des investigations sur un possible usage excessif de la force contre les gilets jaunes.

Michelle Bachelet a lancé cette demande quelques semaines après la venue à Genève de quelques centaines d'entre eux. Une délégation avait été reçue au Haut-Commissariat.

Dans son discours devant le Conseil des droits de l'homme, Mme Bachelet n'est pas allée jusqu'à demander un dispositif international, mais elle souhaite que des investigations soient menées sur toutes les accusations de recours excessif à la force. 'Nous encourageons le gouvernement à continuer le dialogue, y compris un suivi du débat national en cours', a-t-elle ajouté.

Outre la France, de nombreux autres pays ont été confrontés ces derniers mois à des manifestations contre les inégalités ou les conditions économiques plus largement.

Militants harcelés

La Haute commissaire cible notamment le recours excessif à la force et aux munitions létales, les détentions arbitraires et la torture au Soudan. Et de souhaiter des réformes contre la corruption et un dialogue avec la société civile. Elle salue les récentes discussions lancées aussi bien au Zimbabwe, mais dénonce le harcèlement contre les défenseurs des droits de l'homme.

Mme Bachelet doit s'exprimer le 20 mars sur le Venezuela. Elle a toutefois déjà dénoncé les effets des violations des libertés fondamentales sur la situation économique des Vénézuéliens, mais aussi les conséquences des sanctions américaines.

Après s'en est prise à plusieurs reprises aux abus contre les manifestants au Nicaragua, Mme Bachelet veut que des 'étapes concrètes' soient décidées, après la reprise récente du dialogue entre différentes parties dans ce pays.

Au Proche-Orient, elle s'est dit déçue par le rejet du gouvernement israélien des conclusions de la Commission d'enquête internationale indépendante de l'ONU sur les manifestations à Gaza. Celle-ci avait visé l'Etat hébreu pour de possibles crimes contre l'humanité. Alors que le premier anniversaire de ces rassemblements aura lieu dans quelques semaines, la Haute commissaire appelle toutes les parties à la retenue.

Procès équitables exigés

Autre préoccupation, la Haute commissaire appelle l'Arabie saoudite à libérer les défenseuses des droits de l'homme qui ont été manifestement victimes d'arrestations et de détentions arbitraires mais aussi de torture. Jeudi, une déclaration commune de plusieurs Etats, pilotée par l'Islande, doit affirmer un soutien à la mission d'enquête sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

De même, elle souhaite que la Turquie garantisse des procès équitables contre les militants de la société civile. Ceux qui ont été récemment menés contre seize d'entre eux pour leur activité présumée lors du coup d'Etat avorté contre le président Recep Tayyip Erdogan montrent les problèmes observés dans des milliers d'actions judiciaires dans ce pays, selon elle.avorté contre le président Recep Tayyip Erdogan montrent les problèmes observés dans des milliers d'actions judiciaires dans ce pays, selon elle.

Mardi, des ONG avaient accusé ce pays de les harceler pour tenter d'empêcher une discussion en marge du Conseil des droits de l'homme sur cette question.

Etats-Unis et Chine

Et parmi les pays influents, les Etats-Unis et la Chine ont été mentionnés. La Haute commissaire a ciblé les nouveaux règlements américains sur les migrants qui limitent l'accès à l'asile et à la protection des droits de l'homme. Et de s'inquiéter des indications récentes qui ont montré que des milliers d'enfants supplémentaires avaient été séparés de leurs proches après leur arrivée aux Etats-Unis.

Mme Bachelet a réitéré la volonté de son bureau d'évaluer les accusations de nombreuses disparitions forcées et de détentions arbitraires en Chine. Notamment au Xinjiang où des camps d'internement de Ouïghours ont été ciblés à plusieurs reprises. Après l'augmentation des tensions entre l'Inde et le Pakistan ces dernières semaines, la Haute commissaire appelle les deux pays à laisser ses collaborateurs se rendre au Cachemire.

En Syrie, elle appelle le gouvernement et les autres acteurs à donner des indications aux proches des nombreuses personnes portées disparues en raison des violences. Elle souhaite aussi que les milliers de civils qui fuient les dernières zones contrôlées par l'Etat islamique (EI) dans le nord-est du pays bénéficient d'une assistance adaptée.

Selon l'ONU, au moins 45'000 personnes sont arrivées ces derniers mois au camp d'al-Hol. Près d'une centaine, dont de nombreux enfants, sont décédées en raison des conditions difficiles, alors que des contrôles sont imposés par les Forces démocratiques syriennes (FDS).

/ATS
 

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