France: démission du gouvernement d'Edouard Philippe

Le premier ministre français Edouard Philippe a remis vendredi la démission de son gouvernement ...
France: démission du gouvernement d'Edouard Philippe

Macron change de gouvernement à deux ans de la présidentielle

Photo: KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON

Emmanuel Macron s'est séparé vendredi de son populaire Premier ministre Edouard Philippe. Il l'a remplacé par un haut fonctionnaire peu connu issu de la droite, une manière de reprendre les rênes de l'exécutif, à deux ans de la prochaine élection présidentielle.

'Soyez bon!' a lancé Edouard Philippe vendredi après-midi à son successeur, sur le perron de l'hôtel de Matignon, résidence officielle du chef du gouvernement, à Paris, lors de la passation de pouvoir. Jean Castex, maire d'une petite ville et homme de dossiers, avait été désigné quelques heures plus tôt pour prendre sa place.

Le nouveau Premier ministre a affirmé vouloir 'plus que jamais réunir la Nation' face à la crise économique et sociale qui est 'déjà là' avec le coronavirus, affirmant que 'les priorités devront donc évoluer' et que 'les méthodes devront donc être adaptées'. Sitôt nommé, il avait assuré 'mesurer l'immensité de la tâche' qui l'attend.

Chargé du déconfinement

Cet ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, chef de l'Etat de 2007 à 2012, devrait finaliser son gouvernement durant le week-end. Âgé de 55 ans, le maire de Prades (sud) qui vient de démissionner du parti LR (Les Républicains, droite), était depuis avril chargé du déconfinement.

'Il est un haut fonctionnaire complet et polyvalent qui aura à coeur de réformer l'Etat et de conduire un dialogue apaisé avec les territoires', a expliqué la présidence française. Cet homme au profil discret sera chargé de mettre en musique les orientations décidées par Emmanuel Macron jusqu'à la prochaine élection présidentielle en 2022, alors que le chef de l'Etat entend 'se réinventer'.

'Soyons clairs, je ne suis pas ici pour chercher la lumière, je suis ici pour chercher des résultats', a-t-il déclaré lors de sa première interview télévisée, vendredi soir sur la chaîne TF1.

Les leaders d'opposition ont critiqué ce choix comme étant celui d'un président qui veut avoir toutes les cartes en main pour poursuivre sa politique sans varier et préparer la présidentielle sans être gêné par un Premier ministre qui lui ferait de l'ombre.

Virage 'technocratique'

'On pouvait attendre un virage politique, mais c'est technocratique' avec quelqu'un 'retenu pour gérer les affaires courantes' a dénoncé le président de LR Christian Jacob. Avec la nomination de Jean Castex, 'le Président de la République confirme sans surprise son cap. Le jour d'après sera de droite comme le jour d'avant', pour le patron du Parti socialiste Olivier Faure.

En attendant d'être remplacé, le gouvernement sortant expédie les affaires courantes. M. Philippe va lui retrouver dès dimanche la mairie du Havre (nord-ouest), mais selon l'entourage d'Emmanuel Macron, il a aussi accepté 'd'aider le président' à 'consolider la majorité', fragilisée par la perte de la majorité absolue à l'Assemblée, des contestations internes et un revers aux élections municipales.

Le nouveau gouvernement devra 'mettre en oeuvre la nouvelle étape du quinquennat, le projet de reconstruction sociale, économique, environnementale et locale', a fait savoir la présidence. Avec une priorité sur la politique de santé, le grand âge et un plan pour la jeunesse.

Présidentielle en ligne de mire

Après trois ans de pouvoir, des réformes controversées comme celles de l'assurance chômage, plusieurs crises (manifestations des gilets jaunes, crise du Covid-19, notamment), Emmanuel Macron avait annoncé un nouveau souffle, une nouvelle orientation, un besoin, selon ses mots de 'se réinventer', alors qu'il n'est pas très populaire et que le pays se prépare à subir un fort contrecoup économique du fait de la pandémie.

'J'ai ma part de maladresse. J'ai parfois considéré qu'il fallait aller vite sur certaines réformes. Cela ne peut marcher que par le dialogue. J'ai beaucoup d'ambition pour notre pays. J'ai parfois donné le sentiment de vouloir faire les réformes contre les gens', a-t-il déclaré à la presse régionale.

Mais 'le cap sur lequel je me suis engagé en 2017 reste vrai', a-t-il réaffirmé dans l'entretien publié vendredi. Même s'il s'en défend, ce remaniement permettra aussi à Emmanuel Macron de garder en ligne de mire la prochaine élection présidentielle en 2022.

Le changement d'équipe intervient dans la foulée des élections municipales, marquées par une forte abstention, un revers pour le parti présidentiel La République en marche et une poussée écologiste dans les centres urbains, tandis que la majorité des mairies sont in fine à droite.

/ATS
 

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