Eric Drouet, figure du mouvement, annonce faire une « pause »

Eric Drouet, figure emblématique du mouvement des 'gilets jaunes' a annoncé se mettre 'en pause ...
Eric Drouet, figure du mouvement, annonce faire une « pause »

Photo: KEYSTONE/EPA/IAN LANGSDON

Eric Drouet, figure emblématique du mouvement des 'gilets jaunes' a annoncé se mettre 'en pause (...), voire plus peut-être'. Emmanuel Macron doit lui prendre la parole jeudi pour défendre les mesures avec lesquelles il espère relancer son quinquennat.

'Mode pause pour moi voire plus peut-être, trop de menaces sur ma famille, trop de haineux, trop de foulards rouges, trop de mépris, trop d'insultes, je suis fatigué, désolé', a écrit le chauffeur routier de Seine-et-Marne sur son mur Facebook mardi soir.

'Tout n'est pas fini mais là, je suis au bout de mes forces. Et c'est même pas le gouvernement le plus fatiguant dans tout ça! !', a poursuivi Eric Drouet, signant la publication de son nom. Initiateur de la première mobilisation du 17 novembre, l'acte I des 'gilets jaunes', Eric Drouet, 33 ans, est rapidement devenu le visage de la contestation sociale.

Celui qui ne s'exprime quasiment que par Facebook, et bien souvent en vidéo, a été condamné fin mars à une amende de 2000 euros, dont 500 avec sursis pour l''organisation' de deux manifestations parisiennes 'sans déclaration préalable'. Il sera à nouveau jugé le 5 juin, cette fois pour port d'arme prohibé, un bâton, lors de la manifestation du 22 décembre.

Macron à l'heure du grand oral

Pouvoir d'achat, retraites, démocratie, décentralisation, environnement, santé, ruralité...: le chef de l'Etat Emmanuel Macron est de son côté attendu jeudi sur de multiples dossiers, dont certains très délicats comme la durée du temps de travail, à partir de 18h00 dans la salle des fêtes de l'Elysée.

Il introduira sa première conférence de presse du quinquennat par une déclaration d'une vingtaine de minutes qui 'donnera des perspectives et un cap' à la lumière de la crise sociale et politique qui bouleverse sa politique depuis l'automne, selon l'Elysée.

Puis Emmanuel Macron répondra aux questions des journalistes français et étrangers pendant environ deux heures en direct sur les grandes chaînes de télévision, dont TF1 et France 2. Mais 'ce ne sera pas un grand débat avec les journalistes', avertit son entourage, en faisant référence aux longues rencontres des derniers mois.

Le président sera entouré par les membres du gouvernement, que le Premier ministre Edouard Philippe réunira en 'séminaire' lundi prochain 29 avril, dans un format inédit associant des responsables de la majorité. Avec l'objectif de 'très rapidement se mettre en ordre de bataille pour définir un calendrier (...) de mise en oeuvre des annonces qui auront été faites', selon la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Fuite de certaines mesures

Une partie de ces mesures sont déjà connues, puisqu'elles ont fuité dans la presse à la suite de l'annulation in extremis de l'allocution présidentielle à cause de l'incendie de Notre-Dame le 15 avril.

Le chef de l'Etat ne va pas les 'changer en profondeur' mais il va 'les expliquer' et 'rien n'interdit d'en ajouter', souligne-t-on dans son entourage.

Il devrait ainsi préciser les conditions de baisses d'impôts pour les classes moyennes, de la réindexation des retraites inférieures à 2000 euros ou de la promesse de ne pas fermer d'écoles ou d'hôpitaux jusqu'à la fin du quinquennat.

Des éclaircissements sont également attendus sur l'évocation d'un possible allongement de la durée du travail pour financer la dépendance et le grand âge.

Les Français sceptiques

Parmi les autres sujets faisant polémique figure la suppression de l'Ecole nationale d'administration (ENA), dont les critiques 'choquent voire blessent profondément ses élèves et ses personnels', selon son directeur Patrick Gérard.

L'aile écologiste de la majorité espère en outre des annonces sur la transition écologique, quasiment absentes de l'allocation ayant fuité.

Le chef de l'Etat aura fort à faire pour convaincre les Français, qui ne sont que 24% à penser que le grand débat permettra d'améliorer la situation politique, économique et sociale du pays, selon un sondage Ipsos-Sopra Steria publié mercredi par Le Monde.

/ATS
 

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