Des milliers de manifestants contre la politique migratoire de Trump

Des centaines de rassemblements se déroulaient samedi à travers les Etats-Unis contre la politique ...
Des milliers de manifestants contre la politique migratoire de Trump

Des milliers de manifestants contre la politique migratoire de Trump

Photo: KEYSTONE/AP/ALEX BRANDON

Des centaines de rassemblements se déroulaient samedi à travers les Etats-Unis contre la politique migratoire de Donald Trump. Les manifestants réclamaient le regroupement immédiat des enfants et de leurs parents clandestins appréhendés à la frontière mexicaine.

L'un des grands rassemblements a eu lieu dans le parc jouxtant la Maison Blanche à Washington, avec des milliers de personnes de tous âges, dans une atmosphère oscillant entre indignation et tristesse, par 33 degrés. Ils ont ensuite défilé, passant notamment devant l'hôtel Trump.

New York, Boston, Chicago, Portland et Los Angeles ont aussi vu des foules de manifestants, avec la participation d'artistes comme Alicia Keys et Lin-Manuel Miranda à Washington, ou John Legend à Los Angeles, ainsi que des élus démocrates.

L'enregistrement d'un enfant de migrants pleurant à la recherche de ses parents a été diffusé sur des hauts-parleurs. Jocelyn, une mère brésilienne, séparée de son fils pendant neuf mois, a témoigné de son calvaire au micro: 'On lui a dit qu'il finirait peut-être par être adopté', a-t-elle raconté à la foule, déclenchant un cri collectif spontané: 'Honte! Honte!'

'C'est du racisme à peine voilé', dit Dorothy Carney, une professeure de français venue de Charlottesville, en Virginie. 'Le mal l'emportera si les gens bien ne font rien. Au moins, on fait quelque chose', relève-t-elle. D'autres prenaient moins de précautions. Pour Rick, originaire de Puerto Rico, 'c'est fasciste'.

Tristesse et écoeurement

'Je suis en colère, triste, écoeurée', dit Rita Montoya, avocate de Washington originaire du Mexique, venue comme beaucoup d'autres avec ses jeunes enfants. 'Nous sommes des enfants d'immigrés, nous contribuons à ce pays depuis suffisamment longtemps, il faut que ce pays commence à nous montrer un peu de respect'.

'Les familles doivent rester ensemble' est le slogan de cette journée, alors que les autorités fédérales américaines ont désormais pour ordre de ramener les enfants auprès de leurs parents, une tâche qui s'éternise.

Mêmes scènes à New York, où l'on voyait aussi des slogans tels que 'Abolissez l'ICE', la police de l'immigration. Cette cause auparavant marginale est en train de gagner en popularité au sein de la gauche américaine.

Nombreux enfants dans l'attente

Sur une pancarte, Courtney Malloy, avocate new-yorkaise de 34 ans, a écrit que 'le seul bébé qui mérite d'être en cage est Donald Trump'. 'C'est vraiment très important pour nous de montrer au monde, et en particulier aux immigrés, que nous sommes de leur côté. Ceci n'est pas l'Amérique', dit-elle.

Le président américain a annulé le 20 juin sa politique de séparation des familles. Mais vendredi, environ 2000 enfants sur plus de 2300 attendaient toujours de retrouver leurs parents. Les mineurs sont pris en charge dans des foyers répartis dans tout le pays, parfois à des milliers de kilomètres du centre de détention où sont retenus leurs parents.

Un juge fédéral de San Diego (Californie) a donné 30 jours aux autorités fédérales pour ces regroupements, et deux semaines quand les enfants ont moins de cinq ans. C'est la lenteur de ce processus et l'annonce du gouvernement Trump que les familles entières seraient dorénavant placées en détention, sans exception pour la présence d'enfants, qui provoquent la colère de la gauche et le malaise d'une partie des républicains.

Partie de golf perturbée

Créée en 2003, moins de deux ans après les attentats du 11 septembre 2001, l'ICE incarne la politique de 'tolérance zéro' de l'administration Trump. Ses agents ayant pour tâche principale d'interpeller les personnes en situation irrégulière, en vue de leur expulsion.

Le milliardaire était samedi près de New York, à son golf de Bedminster dans le New Jersey. Quelque 200 manifestants se trouvaient à l'extérieur. 'Même la famille Trump doit rester ensemble', disait l'une des pancartes.

/ATS
 

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