Colombie: les rebelles des FARC passent des armes à la lutte politique

Le premier congrès des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) s'est ouvert dimanche ...
Colombie: les rebelles des FARC passent des armes à la lutte politique

Colombie: les rebelles des FARC passent des armes à la lutte politique

Photo: Keystone

Le premier congrès des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) s'est ouvert dimanche à Bogota. Il doit formaliser l'abandon de la lutte armée au profit du combat politique.

Les délégués du mouvement fondé en 1964 sont arrivés dimanche à Bogota sous escorte policière, ce qui était impensable il y a encore quelques mois.

'A compter de cet événement, nous allons nous muer exclusivement en un mouvement politique qui mènera ses activités par des moyens légaux', leur a déclaré leur chef de file Rodrigo Londono, alias Timochenko, à l'ouverture du congrès.

Améliorer la vie des paysans

'De nombreux défis et beaucoup de difficultés nous attendent. Rien n'est facile en politique', a-t-il poursuivi. L'amélioration des conditions de vie dans les milieux ruraux restera selon lui la première priorité du parti. Il s'appellera dans un premier temps Force révolutionnaire alternative de Colombie, ce qui, en espagnol, permet de conserver l'acronyme Farc

Réunis jusqu'à jeudi, les représentants des ex-guérilleros, qui ont fini de déposer les armes le 15 août, et des miliciens (les collaborateurs civils des FARC), devraient aussi désigner leurs candidats aux élections de 2018. Puis le parti sera publiquement lancé vendredi au coeur de Bogota, avec un grand concert sur la place Bolivar, haut lieu de la politique colombienne où se trouve le parlement et, à deux pas, le palais présidentiel Casa de Nariño.

Pas de candidat à la présidentielle

Pendant le congrès, les chefs des FARC feront aux délégués un point sur l'état d'application de l'accord de paix, signé fin novembre avec le président Juan Manuel Santos. Il s'agira aussi de désigner, comme le prévoit l'accord de paix, dix représentants au Parlement, qui compte 268 sièges, sur 'propositions des différentes zones, des différentes structures', a ajouté Carlos Antonio Lozada.

L'éventualité d'un candidat présidentiel a été écartée en décembre par Rodrigo Londoño, assurant que les FARC soutiendront la personne qui garantira le respect de l'accord de paix. L'opposition de droite, menée par l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), brandit le spectre du 'castro-chavisme', M. Lozada a assuré que le futur parti n'aura 'rien à voir avec des modèles étrangers' comme les régimes cubain de Fidel Castro ou vénézuélien de Hugo Chavez.

Il luttera néanmoins pour une santé et une éducation publiques et gratuites, ainsi que pour la protection de l'environnement. D'autres chefs des FARC ont averti qu'il sera 'anti-impérialiste' et 'anti-patriarcal'.

/ATS
 

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