La Grèce en deuil après des incendies meurtriers

Les sauveteurs ont dénombré 60 victimes. Les douloureux souvenirs des incendies qui avaient ...
La Grèce en deuil après des incendies meurtriers

Les sauveteurs ont dénombré 60 victimes. Les douloureux souvenirs des incendies qui avaient tués 77 personnes en 2007 refont surface. Alors que l'aide s'organise, les secouristes continuent à fouiller les ruines à la recherche de disparus

Le programme d'aide se met en place en même temps que les équipes de sauvetage ratissent la zone. (Photo: ldd) Le programme d'aide se met en place en même temps que les équipes de sauvetage ratissent la zone. (Photo: ldd)

Le bilan des feux autour d'Athènes s'est alourdi mardi à 60 morts, a annoncé la municipalité de Rafina, chef-lieu de la zone balnéaire ravagée sur la côte est de l'Attique. Le pays est sous le choc de la découverte macabre dans le secteur de 26 personnes carbonisées.

"Nous avons décompté 60 morts", a déclaré à l'AFP Myron Tsagarakis, conseiller municipal de Rafina, alors que le gouvernement ne donnait encore que le chiffre de 50 morts confirmés. Ces incendies sont ainsi les plus meurtriers depuis ceux ayant tué 77 personnes en 2007.

Selon M. Tsagarakis, le bilan risque de s'alourdir avec la découverte de personnes piégées dans leurs habitations dont toutes n'ont pas encore été fouillées.

Une mère polonaise et son fils figurent parmi les morts, selon Varsovie qui n'a pas donné plus de détails.

Dans la station balnéaire de Mati, à une quarantaine de km à l'est d'Athènes, 26 personnes carbonisées ont été retrouvées enlacées par groupes, "dans une dernière tentative pour se protéger", a raconté un sauveteur.

Des habitants continuaient de signaler des disparus, notamment auprès de trois relais de la Croix-Rouge ouverts dans le secteur, a affirmé à l'AFP une porte-parole de l'organisation. "Les gens sont choqués, perdus, certains ont tout perdu, enfants, parents, maisons", s'est elle ému.


Deuil national

"Aujourd'hui la Grèce est en deuil", a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras, annonçant, dans une adresse télévisée à la nation, trois jours de deuil national.

Les responsables et résidents décrivent un déluge de flammes qui s'est abattu lundi après-midi sur la côte orientale de la capitale, piégeant les victimes chez elles, dans leurs voitures ou à quelques mètres des plages qu'elles tentaient de rejoindre.

A Mati, la violence des vents, avec des pointes à plus de 100 km/h, a "provoqué une progression foudroyante du feu dans le tissu urbain", a expliqué une porte-parole des pompiers.

"Mati n'existe plus", a lancé le maire de Rafina, Evangélos Bournous, recensant "plus de mille bâtiments et 300 voitures" endommagées dont les carcasses fumaient toujours dans une âcre odeur de brûlé.

Le gouvernement recensait aussi 172 blessés, dont 16 enfants. Onze adultes se trouvaient dans un état grave. Les rescapés ont passé des heures d'angoisse noyés sous des nuages de cendres au bord de l'eau, dans l'attente des secours. Quelque 715 personnes ont été évacuées par la mer jusqu'à Rafina.

Autorités et volontaires s'organisaient pour porter secours aux sinistrés, avec des collectes et distributions d'eau, nourriture et vêtements, tandis que les sans logis étaient dirigés vers des hôtels.

Au moins cinq personnes ont également péri en mer, où des recherches de poursuivaient. L'identification des victimes s'annonçait longue, dans cette zone également fréquentée par des touristes étrangers.

L'incendie dans le secteur a recommencé "à évoluer" après une accalmie le matin, selon la cellule des pompiers. Un front restait aussi actif à Kineta, à une cinquantaine de km à l'ouest de la capitale, où un premier incendie avait éclaté lundi matin.

Aucune victime n'y était signalée, mais nombre de voitures et maisons sont parties en fumée.


Afflux d'aide

Le pays, qui a activé le mécanisme européen de protection civile, s'est vu offrir de l'aide - notamment en moyens aériens - par l'Espagne, la France, Israël, la Bulgarie, la Turquie, l'Italie, la Macédoine, le Portugal et la Croatie, tandis que les messages de condoléances affluaient de l'étranger.

"La Commission européenne n'épargnera pas ses efforts pour aider la Grèce" a tweeté son président Jean-Claude Juncker.Le parquet de la Cour suprême a ouvert une enquête sur les causes du sinistre. Avant qu'une polémique ne s'engage sur la réponse de l'appareil d'Etat, le gouvernement a souligné avoir dû faire face à un phénomène "extrême", "asymétrique" selon M. Tsipras.

Le porte-parole du gouvernement Dimitris Tzanakopoulos a relevé qu'il y avait eu "15 départs de feu simultanés sur trois fronts différents" en Attique. Les Etats-Unis ont prêté un drone pour survoler l'Attique et "observer et détecter toute activité suspecte", a-t-il ajouté.

Les incendies ont démarré alors qu'une vague de chaleur s'abattait sur le pays, avec des températures grimpant jusqu'à 40 degrés Celsius, qui ont toutefois baissé mardi.

La Croix-Rouge grecque contribue à l'aide et aux recherches auprès des personnes affectées. "Mettre la population en sécurité est la priorité", affirme la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

De son côté, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a relevé à Genève que les causes "n'étaient pas connues dans l'immédiat". "Les températures ne sont pas extrêmes ni inhabituelles" pour cette période dans ce pays, a affirmé devant la presse une porte-parole.

Contrairement au nord de l'Europe où une situation stationnaire est observée depuis plusieurs semaines avec des marques parfois jusqu'à dix degrés au-dessus de la moyenne. Autre différence, les précipitations en Grèce n'ont pas été inférieures à un mois de juillet habituel.

/ATS



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