Ex-espion russe empoisonné: progrès dans l'identification du poison

Les autorités britanniques ont annoncé mercredi avoir progressé sur l'identification de la ...
Ex-espion russe empoisonné: progrès dans l'identification du poison

Ex-espion russe empoisonné: progrès dans l'identification du poison

Photo: KEYSTONE/AP/MATT DUNHAM

Les autorités britanniques ont annoncé mercredi avoir progressé sur l'identification de la 'substance' utilisée pour l'empoisonnement présumé de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille. L'espion est toujours hospitalisé dans un état critique.

Découvrir la nature de cette substance devrait permettre d'en savoir davantage sur ce qui lui est réellement arrivé ainsi qu'à sa fille, les deux retrouvés dimanche inconscients, sans blessure visible, sur un banc d'un centre commercial à Salisbury, dans le sud de l'Angleterre. A l'hôpital, ils sont actuellement traités pour une 'exposition présumée à une substance inconnue'.

'Nous en savons plus sur la substance utilisée', a déclaré mercredi à la presse la ministre britannique de l'intérieur Amber Rudd, à l'issue d'une réunion d'urgence Cobra du gouvernement, ce comité convoqué dans les cas d'urgence nationale en Grande-Bretagne.

Alors que l'affaire suscite les hypothèses les plus folles au Royaume-Uni, Mme Rudd a appelé à 'garder la tête froide', soulignant que l'enquête sera longue. 'L'objectif pour l'heure est d'établir ce qui a rendu ces personnes gravement malades', avait déclaré plus tôt Mark Rowley, le chef de l'antiterrorisme au sein de Scotland Yard.

Produit chimique

Près de Salisbury, la police a sollicité les scientifiques du laboratoire militaire de Porton Down pour déterminer la nature de la substance utilisée, selon la BBC.

'La vitesse à laquelle est survenue l'hospitalisation suggère que ce n'est probablement pas dû à des radiations', a estimé Malcolm Sperrin, professeur de physique médicale à l'hôpital Royal Berkshire. 'Certains symptômes décrits laissent penser à un produit chimique'.

Selon le quotidien The Times, les enquêteurs vont également se pencher sur les circonstances de la mort de l'épouse de Sergueï Skripal, Liudmila, décédée d'un cancer en 2012, et de son fils Alexandre, mort à Saint-Pétersbourg l'an dernier.

Par ailleurs, la police continuait ses investigations dans certains établissements du centre commercial de Salisbury, reconstituant les déplacements de Sergueï Skripal et de sa fille.

Passe d'armes entre Londres et Moscou

Sur le plan diplomatique, l'affaire continue de provoquer des remous entre Londres et Moscou. 'Cette histoire a dès le début commencé à être utilisée pour doper la campagne antirusse dans les médias', a affirmé mercredi la porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, Maria Zakharova.

Bien que la police antiterroriste, qui a pris les commandes de l'enquête, a affirmé étudier toutes les pistes, le ministre britannique des affaires étrangères Boris Johnson a pointé du doigt Moscou. Mardi, devant les députés, il a estimé que cette affaire faisait écho à l'empoisonnement au polonium-210 d'Alexandre Litvinenko, un ex-agent des services secrets russes, à Londres en 2006. L'enquête britannique avait mis en cause la responsabilité de Moscou.

'Si l'enquête démontre la responsabilité d'un Etat, le gouvernement répondra de façon appropriée et ferme', a prévenu M. Johnson, avant de qualifier la Russie de 'force néfaste et perturbatrice dans bien des aspects'. Dénonçant ces propos, Mme Zakharova a estimé que 'cette histoire va finir comme d'habitude: d'abord, des accusations sans fondement, puis ils garderont leurs secrets et ni les journalistes, ni la population, ni les politiques ne sauront ce qui s'est réellement passé'.

Boycott du Mondial de football

A titre d'avertissement, la première ministre britannique Theresa May a indiqué que son gouvernement pourrait considérer un éventuel boycott diplomatique de la prochaine Coupe du monde de football en Russie. 'En fonction de ce qui ressort' de l'enquête, 'il sera peut-être approprié que le gouvernement examine si les ministres et autres responsables doivent assister à la Coupe du monde', a-t-elle déclaré.

/ATS
 

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