Avant d’enfiler son manteau blanc, le Crêt-Meuron passe au solaire

L'Association du téléski a investi dans une installation photovoltaïque en autoconstruction ...
Avant d’enfiler son manteau blanc, le Crêt-Meuron passe au solaire

L'Association du téléski a investi dans une installation photovoltaïque en autoconstruction. Selon le nombre de jours d’exploitation durant la saison, elle devrait permettre de couvrir une grande partie, voire la totalité, de sa consommation électrique annuelle.

Le téléski du Crêt-Meuron produit désormais sa propre énergie. Le téléski du Crêt-Meuron produit désormais sa propre énergie.

Le téléski du Crêt-Meuron se branche sur le soleil. L’association vaudruzienne a présenté ce mercredi matin sa nouvelle installation photovoltaïque. Posés sur le toit de la cabane de départ, les panneaux devraient produire, sur une année, autant d’électricité que le téléski en consomme pour faire fonctionner la remontée mécanique, l’éclairage LED tout neuf et la cabane. L’investissement s’élève à un peu moins de 9'000 francs, avant déduction des subventions. Grâce au soutien d’Autovoltaïque Neuchâtel, du Parc naturel régional Chasseral et de l’entreprise Stalder Électricité, à La Chaux-de-Fonds, 32 mètres carrés de panneaux solaires ont été posés au printemps. Une opération qui n’a finalement rien coûté au téléski. « Ça nous a coûté zéro franc », précise Stéphane Miserez, membre de l’association du Crêt-Meuron et responsable technique des installations.

Stéphane Miserez : « Les panneaux solaires avaient toute leur place ici pour alimenter le téléski. »

Selon les projections des partenaires, la production annuelle devrait correspondre à la consommation électrique de deux ménages. Autre avantage : lorsque la remontée mécanique est à l’arrêt, le surplus d’énergie peut être réinjecté dans le réseau. « Quand l’énergie n’est pas utilisée, on la réinjecte dans le réseau. On sait que les prix fluctuent, mais l’idée, c’est que ça rapporte peut-être un petit quelque chose à l’association du téléski du Crêt-Meuron », ajoute Stéphane Miserez.

Léonard Reichen et Stéphane Miserez, membres de l’Association du téléski du Crêt-Meuron, présentent une ancienne ampoule énergivore, remplacée par des LED dans le cadre de leur transition énergétique. Léonard Reichen et Stéphane Miserez, membres de l’Association du téléski du Crêt-Meuron, présentent une ancienne ampoule énergivore, remplacée par des LED dans le cadre de leur transition énergétique.

L’autoconstruction pour démocratiser le solaire

Au-delà des économies espérées, cette réalisation entend démontrer que l’énergie solaire peut être accessible aux propriétaires privés, aux entreprises et aux associations, sans nécessairement recourir à une installation clé en main.

Le site du Crêt-Meuron se prêtait particulièrement bien à l’exercice, selon les partenaires. Le chantier a été mené en deux jours sous la supervision d’un moniteur d’Autovoltaïque Neuchâtel. « On compare souvent une installation photovoltaïque à un montage d’un meuble IKEA. Le mode d’emploi, c’est le moniteur de l’association qui fait ce rôle-là. Il coache tout au long du chantier l’autoconstructeur pour lui expliquer les différentes étapes », explique Gaël Francillon, moniteur et membre du comité de l’association.

Cette structure à but non lucratif s’appuie sur une quinzaine de bénévoles pour accompagner les personnes souhaitant construire leur propre installation. Leur soutien couvre l’ensemble du processus, des démarches administratives à la pose, en passant par le choix du matériel et les visualisations 3D. Autovoltaïque Neuchâtel consacre une partie de ses bénéfices annuels à des réalisations qui lui tiennent à cœur, comme celle du Crêt-Meuron.

Gaël Francillon : « Il suffit d’avoir du temps pour pouvoir se lancer dans cette aventure. »

Voici la borne qui permet au téléski de suivre sa production électrique en temps réel. Voici la borne qui permet au téléski de suivre sa production électrique en temps réel.

Le Parc naturel régional Chasseral s’est lui aussi associé à cette initiative. Il souhaite encourager de nouvelles pratiques en matière de production et de partage d’électricité. « Pour nous, ce qui est intéressant, c’est de pouvoir travailler avec les acteurs du territoire sur des manières différentes de construire, de produire ou de partager l’électricité solaire », souligne Yann Dubois, chef de projet mobilités et énergies au Parc Chasseral. Une expérience que le Parc entend désormais faire connaître au-delà du Crêt-Meuron.

Yann Dubois : « On a discuté de ce modèle avec des communes et on va pouvoir le présenter à la Chambre d’agriculture. »

Lors de la conférence de presse de ce mercredi matin, les membres de l’association du Crêt-Meuron ont également annoncé le lancement de la campagne d’abonnements pour la prochaine saison de ski. /ats-yca


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