Les vacances de Céline Vara, illustration d’une frontière qui a bougé entre vie publique et privée

Révélé vendredi par Blick, le voyage à Oman de l’élue verte au Conseil d’Etat neuchâtelois ...
Les vacances de Céline Vara, illustration d’une frontière qui a bougé entre vie publique et privée

Révélé vendredi par Blick, le voyage à Oman de l’élue verte au Conseil d’Etat neuchâtelois fait polémique. Céline Vara ne commente pas, se retranchant derrière sa vie privée. Bonne ou mauvaise stratégie ? Nous avons posé la question au politologue Pascal Sciarini.

Céline Vara lors de son élection au Conseil d'Etat neuchâtelois, en mars dernier (archives : Bertrand Pfaff). Céline Vara lors de son élection au Conseil d'Etat neuchâtelois, en mars dernier (archives : Bertrand Pfaff).

La nouvelle enflamme les médias, les réseaux sociaux et la sphère politique. La Verte Céline Vara a passé des vacances à Oman après son élection au Conseil d’Etat neuchâtelois en mars dernier. Un voyage en avion, dans un pays où les droits de l’homme ne sont pas érigés en principe fondateur, à en croire le dernier rapport d’Amnesty international.

Le quotidien Blick a eu vent de cette escapade. Il a publié vendredi dernier un article à ce sujet. Depuis, l’opinion publique se déchaîne, beaucoup reprochant à l’élue verte de ne pas être cohérente avec les valeurs écologiques qu’elle défend.

Céline Vara, elle, a choisi de ne pas commenter, se retranchant derrière sa vie privée. Pour Pascal Sciarini, professeur de sciences politiques à l’Université de Genève, c’est « une stratégie qui peut fonctionner lorsqu’on arrive à éteindre rapidement l’incendie. Mais ça ne semble pas le cas ici. Dans ces conditions-là, Madame Vara va devoir s’expliquer, probablement. » Contactée ce lundi matin par message, l’élue verte au Conseil d’Etat nous a confirmé ne pas vouloir commenter.

Pascal Sciarini : « Plusieurs médias m'ont déjà appelé depuis ce matin. »

Cet emballement médiatique montre que la frontière entre vie publique et vie privée a bougé « au cours des 20 dernières années ». « Avant on disait : ce qui importe, ce sont les compétences d’une personne, on ne veut pas savoir ce qu’il en est de sa vie privée. Il y avait même un accord tacite avec les médias en France, notamment pour ne rien révéler de la vie privée des hommes et femmes politiques. Ça, ça a bien changé. Aujourd’hui, on attend de la part d’un politicien d’avoir un comportement en vie privée qui soit cohérent avec son engagement public. On va même parfois plus loin en disant qu’il y a un devoir d’exemplarité », note Pascal Sciarini.

 

Quels stigmates ?

Reste à savoir quels stigmates vont laisser ces quelques jours de soleil à Oman, pour Céline Vara, pour son mandat de conseillère d’Etat, pour les Vert-e-s neuchâtelois. Pour Pascal Sciarini, « ça n’est pas une affaire, on ne reproche rien à Madame Vara du point de vue légal. Mais pour elle, ça va laisser des traces, certainement. Pour le reste, tout va dépendre de l’importance médiatique que va prendre ce dossier. On ne peut pas écarter l’idée que peut-être, ça aura des conséquences négatives, y compris pour le parti. Quant à la future conseillère d’Etat, elle sera jugée sur ses actes, sur la manière dont elle va diriger son dicastère, sur les réalisations qu’elle pourra avoir à son bilan », estime le politologue. /cwi-vco

« Cela va peut-être durer un certain temps, quelques semaines, que sais-je. »


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