La fronde contre le projet de pôle économique de La Tène ne faiblit pas. Les opposants ont déposé mercredi un recours au Tribunal cantonal après la levée de leur opposition collective par le Conseil d’État
Au Tribunal cantonal d’abord, mais prêts à aller jusqu’au Tribunal fédéral. Les opposants au pôle économique de La Tène ne vont rien lâcher. Mercredi matin, ils ont déposé leur recours auprès des instances judiciaires du Canton, après la levée, par le Conseil d’État, de leur opposition collective au projet. Il prévoit d’utiliser 23 hectares de terres agricoles entre le centre commercial de Marin Centre et le village d'Epagnier pour y installer 3’000 emplois à plein-temps et plus de 500 habitants.
« L’association La Tène en transition » mène la fronde. Ses membres et sympathisants, plus de 300 à ce jour, déplorent la non-prise en compte des deux expertises qu’ils ont mandatées. Notamment une menée par le Professeur de démographie à l’Université de Genève Philippe Wanner. « Il n’arrive pas du tout aux mêmes conclusions que le Canton de Neuchâtel. Il a pris à chaque fois la courbe haute des estimations d’une augmentation de la population. Et ses chiffres ne justifient pas la création d’un pôle économique, car il n’y aura pas le nombre d’employés nécessaires. Et dans la réponse à la levée des oppositions, il n’y a aucun mot là-dessus. On a l’impression que c’est un vice de forme de ne pas nous répondre sur une expertise de cette ampleur », lance Sylvie Perrin Amstutz, présidente de « l’association La Tène en transition ».
Sylvie Perrin Amstutz, présidente de « l’association La Tène en transition » :
Sylvie Perrin Amstutz ajoute que le projet, en tant que tel, est surdimensionné et symbolise une économie déconnectée des nouvelles réalités, notamment en termes de durabilité. « Il n’aborde pas la question d’une économie résiliente, sobre et bas carbone ».
Elle précise encore ne pas être contre la création d’emplois. « Mais est-ce que ça doit se faire sur un pôle économique ? Je n’en suis pas persuadée. Admettons que ça soit le cas, je suis en tout cas contre que ça se fasse sur des terres agricoles censées être préservées pour des temps de crise. Et on n’aborde pas la question des friches industrielles », renchérit Sylvie Perrin Amstutz.
Sylvie Perrin Amstutz :
Sylvie Perrin Amstutz a d’ores et déjà annoncé que l'association était prête à aller jusqu’au Tribunal fédéral en cas de rejet du recours au Tribunal cantonal. /jpp









