L’exécutif de la Commune de Boudry quitte son statut de milicien. Le Conseil général a accepté lundi soir une proposition du Conseil communal qui professionnalise ses fonctions, avec un taux d’activité de 40% pour les élus, 45% pour la présidence. Ce nouveau statut doit entrer en vigueur le 1er janvier 2023.
Cette réforme n’a pas été acceptée sans mal. Le groupe PLR a d’abord formulé une demande de non-entrée en matière, refusée par le plénum. Les libéraux-radicaux ont ensuite réclamé une suspension de séance. Lors de la reprise des débats, ils ont proposé d’amender le texte afin de réduire le salaire des conseillers communaux. Ceux-ci passent de la classe 16 échelon 10 à la classe 16 échelon 6, ce qui équivaut à une différence d’un peu plus d’un millier de francs par mois à temps plein. Une fois cette modification acceptée, le Conseil communal a voté en faveur du rapport par 26 voix pour, 3 contre et 6 abstentions. /jhi
Cette décision a inspiré un commentaire à notre journaliste Julien Hirt :
Et pour commencer, une question. La démocratie, combien ça coûte ? En d’autres termes, combien est-ce qu’on est d’accord de dépenser pour avoir des institutions qui s’occupent du bien commun en notre nom ?
A chacun son point de vue. Vous êtes peut-être tenté de répondre « le moins possible ». C’est d’ailleurs, en substance, la position prise par le Conseil général de Boudry. Hier soir, d’une main, il a accepté de professionnaliser le Conseil communal et donc de reconnaître le travail de ses membres. Et de l’autre main, il a raboté le salaire prévu, qui se situait pourtant dans la moyenne pratiquée dans des communes similaires.
On ne va pas en vouloir à des élus de se soucier des finances publiques, surtout dans le contexte actuel. Mais on peut leur reprocher de vouloir tout en même temps. On en est tous un peu coupables, d’ailleurs. On veut des élus compétents, impliqués et désintéressés. On réclame qu’ils soient tout le temps disponibles, qu’ils ne commettent pas d’erreurs, tout ça sans coûter trop cher, bien sûr.
Actuellement, un conseiller communal, même professionnel, est moins bien payé que s’il était cadre d’entreprise ou chef de service à l’Etat. Et pour accomplir ses tâches, presque toujours, il travaille davantage que ce qui est prévu. Il fait du bénévolat au sein de son propre emploi.
Dans ces circonstances, réaliser des économies de bout de chandelle sur le dos des membres de l’exécutif, oui, c’est une manière facile de marquer des points auprès de ceux qui considèrent que les politiciens sont de toute manière trop payés. Mais en procédant de cette manière, on se retrouve avec des exécutifs exclusivement constitués de retraités et d’indépendants. Ou des carrières éclairs qui se terminent par de l’épuisement, de l’amertume et des démissions.
C’est presque mathématique : moins on a de considération pour le travail des élus, plus il est difficile de trouver des volontaires. Parce qu’une chose est sûre : ceux qui jugent que nos conseillers communaux coûtent trop cher sont rarement candidats pour leur succéder. /jhi









