Le Conseil communal de Boudry souhaite sortir de son statut de milicien. L’exécutif va soumettre un rapport en ce sens lors de la prochaine séance du Conseil général le lundi 31 octobre. L’objectif est de professionnaliser le Conseil communal avec un taux d’activité fixé à 40% pour les élus et à 45% pour la présidence. L’entrée en vigueur de ce nouveau statut, s’il est accepté, est prévue au 1er janvier 2023.
Boudry suit la tendance d’autres grandes communes neuchâteloises : les trois villes que sont Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et Le Locle, mais aussi Val-de-Ruz, Val-de-Travers, La Grande-Béroche ou encore Milvignes qui a accepté en septembre dernier d’augmenter de 50 à 70% le taux d’activité de ses conseillers communaux.
L’exécutif boudrysan avance plusieurs arguments pour plaider en faveur d’une professionnalisation. Les dossiers sont qualifiés de toujours plus complexes. Pour le Conseil communal, il n’est plus possible de travailler convenablement comme milicien, avec un mandat officiel à 25-30% sous-estimé. La conseillère communale Rita Piscopiello évoque un travail réalisé principalement dans l’urgence et la réaction plutôt que dans l’anticipation. La croissance démographique de Boudry, qui affiche aujourd’hui 6'300 habitants, joue également un rôle dans la charge de travail grandissante.
« On est de vrais pompiers »
Pour le Conseil communal, il est aussi plus difficile aujourd’hui de concilier vie privée, vie professionnelle et vie politique ; une vie politique qui demande toujours plus de flexibilité et de disponibilité, selon l’exécutif. Est-ce qu’un taux d’occupation à 40% est la bonne solution pour autant ? Tous les employeurs ne sont pas d’accord que leur employé travaille à temps partiel pour concilier leur poste avec une activité politique. Pour Rita Piscopiello, arrivée à l’exécutif boudrysan ce printemps, ce 40% est un minimum face aux tâches à accomplir. Elle-même indique avoir été embauchée dans la perspective d’un 25 à 30%, qui se transforme dans la réalité en un taux d’occupation de 50 à 60%.
« C’est un minimum ce 40% »
Selon le Conseil communal, les honoraires ne sont par ailleurs plus en adéquation avec la charge de travail. Dans la perspective d’une éventuelle fusion avec Cortaillod et Milvignes, un projet en réflexion, l’exécutif se doit aussi d’être robuste, selon le rapport.
Cette professionnalisation a un coût : il faudra compter près de 280'000 francs supplémentaires par année. Le Conseil général de Boudry aura le dernier mot le 31 octobre. /sbe









