Pour la première fois chez les juniors C, une équipe féminine de football a été intégrée au championnat masculin neuchâtelois cette saison. Des cas de sexisme ont déjà été dénoncés dans cette catégorie de jeu réservée aux moins de 16 ans.
Le football régional des juniors face au sexisme. Depuis le début de la saison, plusieurs joueuses de Xamax-ANF féminin M16 ont été la cible d’insultes et de moqueries de la part d’adversaires masculins sur le terrain. Faute d’un nombre suffisant d’équipes féminines dans la région, elles évoluent cette saison en juniors C, le championnat masculin des moins de 16 ans. La présence d’une équipe féminine dans cette catégorie constitue une première à l’échelle cantonale. Si certaines rencontres se déroulent sans problème, la situation a franchi un cap la semaine dernière avec la publication de moqueries sur les réseaux sociaux.
« En dehors du match, il n’y a pas eu d’autre incident, si ce n’est une story sur les réseaux sociaux dans laquelle le nom d’une joueuse a été mentionné. Cela pose problème, car cela peut donner une image négative de la joueuse », explique l’entraîneur de Xamax-ANF féminin M16, Micael Dias.
L’incident sur les réseaux sociaux s’ajoute à des remarques déjà entendues sur les terrains depuis le début de la saison. Le technicien xamaxien tente donc de préparer ses joueuses à faire face à ce type de comportement.
« Sur le terrain, il y a certainement eu quelques mots peu sympathiques de la part de certains adversaires. Malheureusement, cela fait partie du jeu et nous essayons d’expliquer aux filles qu’elles doivent savoir réagir, notamment en signalant à l’entraîneur ou à l’arbitre les propos déplacés dont elles peuvent être victimes. »
Pour Micael Dias, la réponse ne peut toutefois pas reposer uniquement sur les joueuses. Après la publication de la story, le club a pris contact avec l’entraîneur adverse. Le contenu a rapidement été retiré et la situation clarifiée.
Micael Dias : « On a discuté avec l’entraîneur adverse. »
L’Association neuchâteloise de football (ANF), de son côté, estime qu’une réflexion doit être menée avec les clubs afin d’éviter que de tels comportements ne se répètent.
« Je suis en contact avec les différents clubs que nous avons rencontrés par rapport à ces problématiques. Nous échangeons avec les présidents, les entraîneurs et les responsables Fair Play. Nous essayons ainsi de mettre des choses en place pour améliorer la situation à l’avenir », explique Daniel De Martini, chef technique de la commission du football féminin de l’ANF.
Daniel De Martini : « Ce qui est important, c’est qu’à un moment donné, une autorité dise : non, on n’est pas d’accord avec ça. »
Concernant les moqueries publiées sur les réseaux sociaux, aucune sanction ne sera prononcée, selon Daniel De Martini. En revanche, le club concerné a été approché et des actions de sensibilisation lui ont été proposées, précise-t-il encore. /yca









