Le cinéma africain s'épanouit à Neuchâtel

La 17e édition du festival international de films d’Afrique et de la diaspora se tient de jeudi ...
Le cinéma africain s'épanouit à Neuchâtel

La 17e édition du festival international de films d’Afrique et de la diaspora se tient de jeudi à dimanche au Théâtre du Pommier, à Neuchâtel. Sa thématique s’ouvre sur la restitution controversée du patrimoine pillé par les colons.

Zal Saliou NDiaye, directeur artistique du festival. Zal Saliou NDiaye, directeur artistique du festival.

« Jeunesse et patrimoine immatériel – Hommage aux trésors humains vivants ou disparus » : c’est le thème de la 17e édition du Festival international de films d’Afrique et de la diaspora, qui se tient à Neuchâtel. Sept films seront projetés de jeudi 14 à dimanche 17 mai au Théâtre du Pommier. Entre des films documentaires ou de fiction, la thématique repose sur le pillage du patrimoine africain par les colons.

Le documentaire « Dahomey » réalisé par le Sénégalais Mati Diop démontre toutefois que jeunes et anciennes générations ne s’accordent pas sur la restitution de ces biens : « Le film évoque le rapatriement des œuvres et des trésors royaux du Bénin qui ont été pillés par le colonisateur français et qui aujourd’hui commencent à revenir gentiment au pays », détaille Zal Saliou Ndiaye, le directeur artistique du festival neuchâtelois. « Il y a une confrontation entre les générations par rapport à cette situation. La génération nouvelle, qui a un autre esprit d’ouverture, est contre ce rapatriement parce qu’elle veut laisser à l’Europe l’accusation d’avoir pillé. Les autres générations voudraient, elles, retrouver leurs œuvres. » Cette dualité est exprimée à travers le film de Mati Diop.

Zal Saliou Ndiaye : « L’ouverture est quelque chose de magnifique. »

Zal Saliou Ndiaye est à l’origine de ce Festival international de films d’Afrique, qu’il organise chaque année depuis 2011, à Neuchâtel. Au-delà de la thématique, l’objectif est en priorité de mettre à l’honneur la créativité des réalisateurs et d’un cinéma africain bien vivant : « Tous les cinémas existent. Le problème c’est la diffusion et les moyens. Mais, nous traversons une période où le cinéma africain est en train de prendre de l’essor. Il y a des créateurs qui s’expriment avec les moyens du bord. Comme certains le disent, avec un simple smartphone, on peut faire un film. Encore faut-il trouver quelqu’un qui le diffuse. C’est là le nœud du problème. »

Au moment d’évoquer ces créateurs africains, Zal Saliou Ndiaye parle de films d’artisans, une connotation qui n’a rien de péjoratif : « Cela veut tout simplement dire que l’artisan est quelqu’un qui travaille avec ses doigts et minutieusement, il parvient à faire quelque chose de génial, qui peut surprendre », conclut le directeur artistique du festival. /mne

« Le public existe et veut découvrir ce cinéma. »


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