Injures, incivilités et violences continuent de gangréner le football régional. Un match de juniors B a dégénéré dimanche sur les hauts de Neuchâtel. Des situations qui se répètent et qui inquiètent dans le milieu.
C’est un mal qui continue de ronger le football régional. La violence est encore et toujours présente sur et autour des terrains neuchâtelois. Dernier exemple en date dimanche après-midi au Chanet sur les hauteurs de Neuchâtel. Lors d’un duel entre deux équipes de juniors B visant une promotion, Team Neuchâtel et Le Parc, les choses ont tourné au vinaigre.
Au total, durant cette rencontre, dix cartons jaunes et deux rouges sont distribués. Preuve d’un match tendu sur le terrain. Mais c’est bien en dehors de l’aire de jeu que les choses ont pris de l’ampleur. Après avoir remis à l’ordre plusieurs dizaines de jeunes spectateurs durant la partie, l’arbitre a dû interrompre le jeu à la 75e minute de jeu pour demander à ces supporters problématiques de quitter le terrain. Mais ils ne sont pas allés bien loin. « Ces gens ont ensuite été derrière les buts et ont repris de manière encore plus virulente leurs injures envers l’arbitre et certains joueurs », explique le président de l’Association neuchâteloise de football, Mario Chatagny, présent au moment des faits.
Mario Chatagny : « Je me demande où va notre football. »
À la suite de ces débordements qui ont aussi blessé légèrement une personne, le club du Team Neuchâtel, le FC Espagnol Neuchâtel, s’est vu infliger une amende de 300.-. Une décision injuste pour sa présidente Melissa Tarantino. « Nous avons été très choqués de recevoir cette amende, car nous ne connaissons pas ces supporters et qu’ils ont été déplacés derrière le grillage dans une zone publique.
Melissa Tarantino : « Le club n’est pas responsable de ce qui s’est passé dimanche. »
Déjà un précédent
Reste que cette même équipe de juniors B du Team Neuchâtel avait déjà connu un match particulièrement houleux l’automne dernier. La rencontre avait d’ailleurs dû être arrêtée et la procédure est toujours en cours. S’il n’est pas question de mesures ou de sanctions supplémentaires à l’heure actuelle, l’ANF précise que des sanctions plus lourdes existent en cas de besoin. « Si une équipe récidive, on peut mettre des amendes plus salées. Ou ouvrir une enquête et enlever des points au classement. Si les débordements sont systématiques, on peut même aller jusqu’à retirer l’équipe », éclaire Mario Chatagny.
Des pistes d’amélioration
Pour tenter de diminuer ces cas de violences sur les terrains neuchâtelois, l’ANF évoque quelques possibilités. Des cours de prévention, des limitations d’accès aux terrains ou des sanctions plus sévères. La présidente d’Espagnol Neuchâtel estime de son côté qu’il serait de bon ton d’aligner des arbitres plus expérimentés lors de certaines rencontres de juniors. « Ces arbitres jeunes doivent faire face à leurs collègues d’école ou d’apprentissage. Il faudrait mettre des personnes capables de poser le cadre », estime Melissa Tarantino.
Melissa Tarantino : « Si un cadre différent avait été posé, je ne pense pas que les supporters se seraient permis de faire ce genre de choses. »
Problème plus global
Reste que le match de dimanche n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Les cas de violences ou d’incivilités autour des terrains sont récurrents. Et surtout, ils surviennent lors de rencontres d’équipes de plus en plus jeunes, comme le souligne le président du FC Le Parc, Manuel Feijo. Ce dernier explique qu’en juniors D déjà, certains parents posent problème. Avant que, dans les catégories suivantes, les joueurs ou leurs amis ne prennent le relais. Un constat que partage avec désarroi le président de l’ANF Mario Chatagny. « Il y a un problème presque chaque week-end dans le football neuchâtelois », note-t-il.
Mario Chatagny : « Quand j’ai été élu en 2018, je voulais lutter contre les incivilités dans le football. Je dois reconnaître que je n’y suis pas arrivé. »
Sans remède miracle, l’ANF agit aussi parfois au cas par cas. Par exemple, le match retour entre les juniors B du Parc et du Team Neuchâtel, prévu fin mai, pourrait se jouer à la Charrière afin de pouvoir fermer l’accès au terrain. Une triste solution temporaire à une encore plus triste et persistante problématique. /gjo









