La reprise du football régional s’apprête à être sifflée. Le premier tour de la Coupe neuchâteloise se tient mardi et mercredi soir. Le coup d’envoi des championnats des diverses catégories juniors comme seniors est, lui, prévu ce week-end.
Depuis plusieurs saisons, le manque d’arbitres pour diriger les nombreuses rencontres se fait ressentir. La sonnette d’alarme a été tirée à plusieurs reprises mais cette fois l’Association neuchâteloise de football a dû prendre des mesures car elle ne peut tout simplement plus répondre aux demandes. L’ANF s’est adressée aux clubs au début du mois au travers d’un communiqué. Le texte stipule désormais qu’à chaque journée, trois matches des championnats de 2e et 3e ligue ne pourront plus être disputés le samedi, journée d’embouteillage avec de nombreuses parties agendées en fin de journée, comme le veut la tradition pour beaucoup de clubs. Ces rencontres devront se jouer le vendredi soir ou le dimanche sans accord de l’adversaire ou le jeudi ou le lundi soir avec l’accord de l’adversaire.
Actuellement, l’ANF compte 114 arbitres. Dans l’idéal, il en faudrait 80 de plus, selon elle. Le manque est donc très important, au point de mettre en péril le football neuchâtelois ? La réponse de Mario Chatagny, président de l’Association neuchâteloise de football:
Cette situation inquiète fortement les instances du football régional, d’autant plus que le problème ne va pas se résoudre d’un coup de baguette magique, explique Mario Chatagny:
La responsabilité de fournir des arbitres revient aux clubs, selon un quota défini par le nombre d’équipes qu’il compte à partir des juniors C, vétérans et formations féminines actives compris. Il s’agit d’avoir un directeur de jeu par équipe affiliée au club.
S'il ne répond pas à ses obligations, le club est taxé : 450 francs s’il manque un arbitre, 1'000 francs si c’est deux, 1'800 francs si c’est trois. La sanction croit ensuite de 600 francs à chaque arbitre manquant. Seule une petite minorité de clubs en fournit davantage que demandé, donc la plupart paient. Si la taxe ne semble pas avoir l’effet escompté, ne faudrait-il pas augmenter la rémunération d’un arbitre, qui touche 120 francs par match en actif, et ainsi donner un petit susucre supplémentaire pour donner envie de s’engager dans la fonction ? La décision n’est pas du ressort de l’ANF, souligne Mario Chatagny:
Mais le grand problème du manque de vocation pour devenir arbitre se situe certainement sur et en dehors du terrain. C’est une affaire d’éducation et de comportement. Critiques incessantes, insultes, menaces, voire agressions, de quoi dégoûter les plus motivés, selon Mario Chatagny:
Malgré tout, des jeunes passionnés de football s’engagent toujours à prendre le sifflet. C’est le cas de Pablo, 15 ans. Le jeune Vaudruzien pratique l’arbitrage depuis quatre ans et officie lors de matches de juniors E et D. Certes, il lui arrive d’entendre au bord du terrain un : « c’est quoi cet arbitre », mais explique ne pas être atteint et parvenir à faire abstraction. Pablo a tenu à mettre en avant les points positifs de la fonction : renforcer son sens des responsabilités, savoir garder son calme et, vu qu’il est aussi joueur, se mettre plus facilement dans la peau de l’arbitre et ainsi se comporter avec davantage de tolérance vis-à-vis de ses décisions. /jpp









